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L'ancien Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, renversé en 1999 par un coup d'Etat du général Pervez Musharraf, est rentré dimanche au Pakistan après huit années d'exil.
Le retour de Nawaz Sharif, chef de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), devenu l'un des principaux opposants au régime Musharraf, intervient à la veille de la date-limite d'inscription pour les élections législatives prévues pour le 8 janvier.
Dès son arrivée, Nawaz Sharif a vivement critiqué la décision de Pervez Musharraf de décréter l'état d'urgence dans le pays et de suspendre la Constitution. "Ces conditions (d'urgence) ne sont pas favorables à des élections libres et justes", a-t-il déclaré. "Je pense que la Constitution du Pakistan doit être rétablie, tout comme l'état de droit."
"Mon retour n'est le résultat d'aucun accord" avec le général-président, a souligné l'opposant devant les journalistes présents à l'aéroport. "Ma vie et ma mort sont pour le Pakistan."
Son avion a atterri dans la soirée à Lahore, où ses partisans l'attendaient pour le saluer. L'appareil avait été fourni par le roi Abdallah d'Arabie saoudite, où l'ex-Premier ministre a vécu la majeure partie de ses huit dernières années.
Avant son retour, des centaines de partisans de Nawaz Sharif avaient été arrêtés, selon son parti. Un porte-parole de la PML-N, Ahsan Iqbal, a rapporté qu'environ 1.800 militants de la formation avaient été interpellés depuis samedi soir dans la province orientale du Penjab, dont Lahore est la capitale.
Le Pakistan est placé en état d'urgence depuis le 3 novembre, Musharraf ayant invoqué la menace de violences islamistes. Samedi, deux attentats-suicide ont fait jusqu'à 35 morts à Rawalpindi, ville de garnison proche de la capitale, Islamabad. Les services du renseignement étaient visés. Les autorités soupçonnent l'insurrection islamiste. Depuis le début de l'état d'urgence, plus de 5.500 personnes ont été interpellées, mais la plupart ont été relâchées.
Le retour de Nawaz Sharif représente une menace pour le général Musharraf si l'opposant s'allie avec le Parti populaire du Pakistan (PPP) de l'ancienne Première ministre Benazir Bhutto et qu'ils boycottent les législatives. Mais il permet aussi au président de donner la preuve de sa volonté sincère de rétablir la démocratie.
Après son renversement, M. Sharif avait eu le choix entre accepter de vivre dix ans en exil et risquer la prison à vie. En septembre, l'ancien Premier ministre avait pris un avion à Londres pour revenir à Islamabad mais la police l'avait rapidement remis dans un avion à destination de l'Arabie Saoudite. Cette fois, il semble que le pouvoir saoudien fasse pression sur Islamabad et, selon un proche conseiller de M. Musharraf, Cheikh Rashid Ahmed, le président ne renverra probablement pas l'opposant. AP
ir/st/sop/v0247
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