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actu & culture


PEKIN - dimanche 25 novembre 2007 à 17h42

Chine: Sarkozy évoque les droits de l'Homme avec Hu Jintao



Lors d'un dîner avec son homologue chinois Hu Jintao, Nicolas Sarkozy a abordé dimanche la question des droits de l'Homme, notamment l'application de la peine de mort et la liberté de la presse dans le pays, a rapporté l'Elysée.

Arrivé dimanche en Chine pour sa première visite d'Etat, le président français n'était accompagné ni du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ni de la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Rama Yade. La venue de cette dernière avait été un temps envisagée.

Au cours de sa rencontre avec le président Hu Jintao, au pouvoir depuis 2003, Nicolas Sarkozy a notamment évoqué l'application en Chine de la peine de mort en se montrant "précis". "Je ne vous demande pas de l'abolir complètement, mais d'accentuer le mouvement qui s'esquisse tout doucement", lui a-t-il dit selon l'Elysée, concédant au passage que la France n'a "pas de leçon à donner" après avoir attendu 1981 et François Mitterrand pour abolir la peine capitale.

Hu Jintao lui aurait répondu de même source qu'il "souhaite faire évoluer les choses" en continuant "à alléger le nombre de cas où la peine de mort est appliquée".

Selon un rapport d'Amnesty International publié en août, le nombre de condamnations à mort en Chine aurait "légèrement chuté", mais il n'existe toujours pas de statistiques officielles. La peine de mort est appliquée en Chine pour 68 crimes et délits, dont certaines infractions économiques et à la législation sur les stupéfiants.

Par ailleurs, le chef de l'Etat français a demandé à son homologue la "liberté pour les journalistes" qui travaillent en Chine. Et ce, au-delà des Jeux olympiques de Pékin de 2008, pour lesquels la Chine s'était engagée en 2001 à garantir une liberté totale aux médias. Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy n'aurait pas obtenu d'engagement "précis" sur ce point. Selon Amnesty International, la répression des journalistes chinois "n'a pas cessé" à l'approche des JO, même si les journalistes étrangers en Chine bénéficient d'une "liberté d'information accrue".

Nicolas Sarkozy a également évoqué avec Hu Jintao la ratification du pacte sur les droits civils et politiques, mais n'a pas obtenu de réponse plus "satisfaisante" sur le sujet.

Enfin, les deux hommes se sont entretenus du Tibet, sujet sensible en Chine, où la visite du Dalaï Lama à Angela Merkel à Berlin le 23 septembre a été très mal perçue. A cet égard, M. Sarkozy s'est inscrit dans la "continuité" de la position française en soulignant selon l'Elysée que pour la France "le Tibet fait partie de la Chine". "Mais nous encourageons le dialogue" pour que le peuple tibétain puisse bénéficier de "davantage de liberté culturelle, religieuse" pour que "son identité soit préservée", ajoutait-on de même source.

Quant à recevoir le Dalaï Lama, "on y reviendra le moment venu", a éludé l'Elysée, alors que le chef spirituel tibétain est considéré comme un séparatiste par Pékin. AP

sch/cov/cr