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Le Dalaï Lama, chef des bouddhistes tibétains et symbole de la résistance de la région au régime communiste chinois, a annoncé mardi que les Tibétains seraient consultés par référendum avant sa mort sur le maintien du système actuel des lamas. Pékin a immédiatement condamné cette décision.
"Quand ma condition physique s'affaiblira, il faudra sérieusement penser aux préparatifs (de ce référendum)", a dit le Dalaï Lama, âgé de 72 ans, à un rassemblement de chefs religieux venus du monde entier à Amritsar, dans le nord de l'Inde. Ce jour pourrait être lointain, a-t-il ajouté: "d'après mes visites médicales régulières, j'en ai encore pour quelques décennies!"
Pékin n'a pas accepté cette nouvelle marque d'indépendance du chef religieux en exil. "La déclaration du Dalaï Lama est une violation manifeste de la pratique religieuse et de la procédure historique", a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué faxé à l'Associated Press.
Le Dalaï Lama a expliqué que ce scrutin serait ouvert à toutes les personnes ayant un intérêt dans le bouddhisme tibétain le long de la chaîne de l'Himalaya, en Chine, au Népal, en Inde et jusqu'en Mongolie.
Depuis des siècles, ce sont des moines tibétains qui partent à la recherche de la réincarnation des chefs religieux après la mort de ces lamas -y compris le chef spirituel du Tibet, le Dalaï Lama.
Or depuis que la Chine a décidé en août dernier que le gouvernement communiste et officiellement athée de Pékin était seul autorisé à reconnaître les réincarnations des lamas, les Tibétains craignent encore plus que Pékin ne contrôle la recherche du successeur du Dalaï Lama pour choisir un allié et resserrer son emprise sur le petit territoire himalayen.
Pékin dirige d'une main de fer le Tibet depuis son invasion par les forces communistes en 1951 et accuse les moines bouddhistes à défier la souveraineté chinoise sur le territoire, même si le Dalaï Lama a constamment répété qu'il ne souhaitait pas l'indépendance du pays mais une "autonomie réelle".
Le Dalaï Lama, prix Nobel de la paix 1989, vit en exil avec ses fidèles en Inde depuis 1959 après avoir échappé aux soldats chinois. "Si la population estime que l'institution du dalaï lama est toujours nécessaire, elle sera maintenue", a déclaré le Dalaï Lama mardi à la presse. Dans ce cas, le Dalaï Lama a dit que, soit il se réincarnerait hors de Chine, soit il choisirait son successeur avant de trépasser.
"Le but de la réincarnation est d'accomplir les tâches inachevées dans la vie précédente. Si je meurs alors que nous sommes toujours des réfugiés, logiquement, ma réincarnation se fera hors du Tibet et terminera le travail que j'ai commencé", a-t-il expliqué. "Si je mourais aujourd'hui, la lutte des Tibétains subirait un certain recul mais l'esprit tibétain ne disparaîtra pas avec ma mort", a-t-il assuré.
Sinon, a-t-il affirmé, il existe un précédent de réincarnation reconnue avant la mort de la personne. L'un de ses enseignants, le lama Trogye Trichen, aurait ainsi été reconnu comme le lama réincarné alors que son prédécesseur était toujours vivant. AP
ma/st/v99
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