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actu & culture


VIENNE - vendredi 07 decembre 2007 à 19h45

Bombes à sous-munitions: résultats mitigés à la conférence de Vienne



Des progrès pour les victimes mais aussi des désaccords: la conférence sur l'interdiction des bombes à sous-munitions qui réunissait quelque 135 pays à Vienne s'est achevée vendredi sur un constat mitigé.

La réunion a été marquée par des divergences sur la définition de ces armes et l'ampleur de l'interdiction dont elles devraient faire l'objet, ainsi que par l'absence de pays clés comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine et Israël.

"Il y a encore des divergences de vue sur le chemin à suivre", a reconnu la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik dans un communiqué publié à la fin de la conférence. Mais "notre objectif reste un traité qui apportera une contribution tangible à la sécurité internationale", ajoute-t-elle.

La conférence de trois jours s'inscrivait dans le cadre du "processus d'Oslo" lancé en février par 46 pays, qui vise à parvenir en 2008 à un traité international interdisant les bombes à sous-munitions. Tirées par des pièces d'artillerie ou larguées par des avions, les bombes à sous-munitions renferment une pléthore d'armes explosives de petite taille -des sous-munitions- qui se répandent sur une large surface. Certaines n'explosent pas immédiatement et il suffit qu'une personne, souvent un enfant, les touche pour qu'elles se déclenchent, provoquant des blessures graves ou la mort.

Si un consensus a semblé émerger à Vienne sur les aspects humanitaires comme l'aide aux victimes, certains pays ont défendu des exemptions pour certains types de bombes à sous-munitions, ont rapporté des membres de la Coalition contre les bombes à sous-munitions (CMC). Des pays ont également demandé une période de transition durant laquelle les armes prohibées pourraient encore être utilisées, ajoute la CMC.

L'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui participaient à la conférence, ont estimé que des contraintes militaires devaient être prises en compte dans l'élaboration d'un traité d'interdiction.

John Duncan, ambassadeur de Grande-Bretagne pour le contrôle des armes et le désarmement multilatéral a déclaré que le processus lancé à Oslo s'appliquait aux bombes à sous-munitions frappant de manière inacceptable les civils, pas à l'ensemble de ces armes. "Certains semblent aujourd'hui aller vers une interdiction totale", mais ce n'était "pas le sentiment général" lors de la conférence de Vienne, a-t-il affirmé.

Simon Conway, co-président de la CMC, s'est déclaré déçu de la position de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et d'autres pays mais s'est dit confiant dans le fait qu'ils finiraient par évoluer sur la question. Selon Handicap International, 98% des victimes connues des bombes à sous-munitions sont des civils.

Les partisans du processus d'Oslo se retrouveront en février à Wellington, en Nouvelle-Zélande, puis à Dublin en mai prochain, avec l'ambition de négocier un traité contraignant avant la fin de 2008. AP

lma/v560




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