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Le dirigeant libyen Moammar Kadhafi, assurant qu'il n'y a "pas un seul" prisonnier politique dans son pays, a affirmé mardi que Nicolas Sarkozy ne lui avait pas parlé des droits de l'Homme, contrairement à ce qu'a déclaré le président français.
"Nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets", a déclaré le colonel Kadhafi dans un entretien à France-2.
"Nous sommes des amis assez proches, nous coopérons. Nous avons évoqué les questions de coopération entre les deux pays, nous avons évoqué tous ces contrats dans tous les domaines, dans l'intérêt des deux pays, la coopération euro-africaine, l'union méditerranéenne, idée proposée par le président Sarkozy, la coopération des deux côtés de la Méditerranée", a-t-il précisé.
Nicolas Sarkozy a assuré lors d'une conférence de presse lundi avoir "dit au président Kadhafi combien il fallait continuer à progresser sur le chemin des droits de l'Homme".
"La défense des droits de l'Homme, ce n'est pas des pétitions de principe entre soi. Ce sont des résultats", a lancé M. Sarkozy, ajoutant que "la France doit parler avec tous ceux qui veulent trouver le chemin de la respectabilité" sans pour autant "renoncer à ses valeurs et à ses convictions".
Pour le colonel Kadhafi, et contrairement à ce qu'affirment plusieurs organisations internationales, "il n'y a pas un seul prisonnier politique en Libye". "Qui a dit cela? Celui qui prétend cela, qu'il se rende en Libye et qu'il cherche".
Le leader libyen a ajouté que "la question des droits de l'Homme ne se pose pas" dans son pays, qui "est arrivé à bon port en assurant la démocratie populaire directe". "Il n'y a pas d'élection en Libye parce que les Libyens n'élisent pas leurs dirigeants. Ce sont les Libyens qui se dirigent eux-mêmes", a-t-il expliqué.
"Pourquoi voulez-vous qu'on me critique?", a-t-il encore demandé, à la question de savoir si la critique du pouvoir était possible en Libye.
Amnesty International estime dans son rapport 2007 que "des restrictions sévères pèsent toujours sur la liberté d'expression et d'association" en Libye. "Plusieurs Libyens soupçonnés d'activités politiques à l'étranger ont été arrêtés ou ont fait l'objet de manoeuvres d'intimidation à leur retour dans le pays". AP
ca/st/lp/mw
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