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Quatre gorilles d'une espèce rare, au centre d'une querelle diplomatique longue de cinq ans, ont enfin retrouvé leur liberté au sein d'une réserve protégée du Cameroun. Tinu, Izan, Oyin et Abbey, gorilles des plaines de l'Ouest (Gorilla gorilla gorilla), ont été mis sous sédatifs fin novembre avant d'être placés dans de grandes cages en bois, pour un voyage de 18 heures jusqu'à leur nouvelle vie au Cameroun.
Ces primates, surnommés les quatre de Taiping, avaient été braconnés tout jeunes et vendus au zoo de Taiping en Malaisie, via l'Afrique du Sud, avec de faux documents en 2002. Le gouvernement malaisien les avait renvoyés en 2004 en Afrique du Sud, le zoo de Pretoria les hébergeant depuis lors.
Après plusieurs années de discussion, les responsables sud-africains ont fini par fléchir en début d'année après avoir affirmé que, selon le droit international, ces quatre gorilles devaient restaient où ils se trouvaient, puisqu'on y ignorait leur pays d'origine.
"Ces animaux sont devenus l'exemple emblématique du terrible commerce des espèces menacées", a dénoncé Christina Pretorius du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW). "La faune africaine disparaît de la surface de la terre, juste sous nos yeux", a-t-elle déploré. "Le retour des Quatre de Taiping envoie un message très clair, à savoir que cela vaut la peine de se battre pour la faune africaine et que le droit international doit être appuyé".
Bien que les circonstances de leur capture restent floues, il est fort probable qu'ils ont été victimes de trafic de viande sauvage. Les gorilles adultes sont régulièrement tués pour leur chair, et les plus jeunes vendus. Au moins quatre bébés sur cinq meurent avant de recevoir une aide adaptée.
Les gorilles sont protégés par la Convention sur le commerce international des espèces en danger contre la capture, l'abattage ou l'exportation (CITES).
Les experts estiment que moins de 100.000 gorilles des plaines de l'Ouest vivraient en liberté en Afrique de l'Ouest. L'Union internationale pour la protection de la nature a récemment reclassé ces primates d'espèce en danger à espèce en danger critique d'extinction, en grande partie à cause de la chasse et la capture commerciale dont ils sont victimes.
Les quatre gorilles -trois femelles et un mâle- ont intégré le sanctuaire du Parc zoologique de Limbé, qui obtient de bons résultats de réadaptations d'animaux orphelins. Le personnel du parc camerounais a passé plusieurs semaines au zoo de Pretoria pour s'habituer aux animaux, alors que deux membres du zoo de Pretoria accompagnent les gorilles jusqu'au Cameroun pour s'assurer qu'ils s'adapteront bien, a précisé Christina Pretorius.
Les gorilles âgés de six ans, qui ont été soumis à des examens démontrant qu'ils n'avaient aucune maladie, resteront en quarantaine pendant plusieurs mois, le temps de s'acclimater.
"Ce sont des animaux sociables mais vous ne pouvez pas lâcher quatre adolescents dans un groupe. Ils doivent d'abord s'adapter", a conclu Christina Pretorius, dont l'organisation a participé financièrement à ce "rapatriement". AP
ljg/v0/mw
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