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Au terme d'une semaine de violents affrontements, l'armée israélienne a annoncé samedi son retrait de Bint Jbail, affirmant avoir rempli ses objectifs dans ce fief du Hezbollah au Sud-Liban. L'Etat hébreu a rejeté les appels à une trêve humanitaire après 18 jours d'offensive, et poursuivi ses bombardements, tuant au moins sept personnes, alors le chef de la milice chiite menaçait de lancer des attaques sur le centre d'Israël.
Face à l'engrenage de la violence et une crise humanitaire de plus en plus aiguë, les efforts diplomatiques s'accélèrent. De retour dans la région, pour sa deuxième visite de la semaine, Condoleezza Rice est arrivée samedi soir en Israël pour rencontrer le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et le ministre de la Défense Amir Peretz.
La secrétaire d'Etat américaine devait présenter un plan pour mettre fin à la crise, axé sur le déploiement dans le sud du Liban d'une force multinationale d'interposition sous mandat des Nations unies, selon une source américaine.
"Il s'agit de décisions vraiment difficiles et sensibles pour les deux parties, sous une pression extrême dans des circonstances difficiles", a déclaré Mme Rice aux journalistes qui l'accompagnaient dans son voyage entre la Malaisie et Israël. "Je m'attends donc à des discussions difficiles, mais ce sera du donnant-donnant."
A son arrivée à Jérusalem, la chef de la diplomatie américaine a dîné avec M. Olmert, mais ne s'est pas exprimée publiquement.
Toutefois, selon des responsables israéliens ayant requis l'anonymat, Mme Rice et M. Olmert sont tombés d'accord sur la nécessité de conditionner la fin du conflit actuel au respect d'une précédente résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant au désarmement du Hezbollah et au déploiement de l'armée libanaise dans la zone frontalière actuellement tenue par la milice chiite.
Les deux dirigeants ont également refusé tous deux un retour au "statu quo ante" par lequel le Hezbollah pouvait tirer des roquettes sur Israël à sa guise, selon ces responsables israéliens.
Mme Rice a souligné devant son hôte l'urgence des problèmes humanitaires au Liban, et M. Olmert a promis de coopérer. Mais le Premier ministre a fait remarquer à la secrétaire d'Etat que plus de 100.000 Israéliens étaient eux aussi confinés dans des abris bondés en raison des tirs de roquettes du Hezbollah.
Selon la radio publique israélienne, après le Proche-Orient, Mme Rice devrait se rendre mardi aux Nations unies avec l'espoir qu'une résolution du Conseil de sécurité appelant à un cessez-le-feu puisse être prête d'ici mercredi.
Car, en effet, le vote d'une résolution se précise et le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan prévoit de réunir lundi les pays susceptibles de contribuer à une force multinationale. Mais la communauté internationale reste divisée: la France, qui va présenter dans les "tous prochains jours" un projet de résolution, réclame un cessez-le-feu immédiat avant un accord politique, a répété samedi le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy.
Ce dernier a "vivement" regretté qu'Israël rejette l'appel à une trêve de 72 heures lancé la veille par le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires Jan Egeland.
Dans le sud du pays, l'armée israélienne a mis fin pour l'heure à la bataille de Bint Jbail. Ses troupes se sont retirées de cette localité proche de la frontière, théâtre des combats au sol les plus violents depuis le début de son offensive le 12 juillet.
D'après le général Udi Adam, chef du commandement Nord, l'Etat hébreu n'avait jamais eu l'intention d'occuper la localité, son objectif restant de "détruire les infrastructure et tuer les terroristes".
La bataille de Bint Jbail semble illustrer néanmoins les difficultés de Tsahal à repousser les combattants du Hezbollah loin de la frontière israélienne. La milice chiite a infligé une "sérieuse défaite" aux forces israéliennes à Bint Jbail, a estimé le chef du Hezbollah, Cheikh Hassan Nasrallah, menaçant aussi de lancer de nouvelles attaques sur le centre d'Israël. "Le bombardement d'Afoula et sa base militaire n'est qu'un début", a-t-il prévenu sur la chaîne du Parti de Dieu, Al-Manar. AP
sb/sop/577-552
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