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actu & culture


NAIROBI - mercredi 02 janvier 2008 à 12h35

Arrivée de l'Union africaine au Kenya, en proie aux violences post-électorales


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Le Kenya dans l'expectative. Le président de l'Union africaine était attendu mercredi au Kenya pour tenter d'amorcer des discussions de crise, alors que le pays est en proie à des violences ayant causé la mort de plus de 275 personnes depuis la proclamation des résultats de la présidentielle.

Ces violences se sont transformées en affrontements ethniques avec la mort d'une cinquantaine de personnes de l'ethnie kikuyu, brûlées vives mardi dans une église d'Eldoret, dans la région du Rift, par une foule en colère. Des scènes rappelant le génocide perpétré en 1994 au Rwanda, pays réputé stable de l'Afrique de l'Ouest.

Les Nations unies, qui cite la police kenyane, estiment que près de 70.000 personnes ont été déplacées du fait de ces violences. Quelque 5.400 se sont déjà réfugiées en Ouganda, a pour sa part précisé Musa Ecweru, ministre ougandais des Catastrophes.

Le président de l'Union africaine, le Ghanéen John Kufuor, devait arriver à Nairobi mercredi pour aider à entamer une médiation, a précisé la porte-parole de l'UA Habiba Mejri-Cheikh.

Dans le plus ancien quotidien du pays, "The Standard", le président de la Commission électorale Samuel Kivuitu déclare ne pas savoir "si Kibaki a gagné l'élection". Il indique également avoir fait l'objet de pression pour annoncer rapidement les résultats.

Le président Mwai Kibaki, investi dimanche aussitôt après la proclamation des résultats fortement contestés par l'opposition, a proposé une rencontre à ses opposants, un geste rare chez un homme peu enclin à s'exprimer dans les médias, et qui avait appelé à réprimer les manifestations.

Le candidat de l'opposition Raila Odinga a refusé l'offre du président, précisant qu'il n'accepterait de le rencontrer que "s'il déclarait qu'il n'avait pas été élu". Odinga accuse le pouvoir de créer le chaos, jugeant dans un entretien à l'Associated Press que le gouvernement Kibaki "est responsable directement de génocide".

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont salué dans un communiqué commun mercredi l'initiative de l'UA et appelé "tous les dirigeants kenyans à s'engager dans un esprit de compromis qui place les intérêts du Kenya au premier plan".

"La priorité immédiate doit être un appel durable des dirigeants politiques pour que la violence de leurs partisans cesse, assorti d'un processus politique et légal intenses, qui pourrait mener à un avenir uni et pacifique pour le pays", estiment la secrétaire d'Etat américain Condoleezza Rice et son homologue britannique David Miliband.

Notant que "des informations indépendantes font état d'irrégularités graves dans le processus de décompte", ils ajoutent que la priorité doit être de trouver un compromis entre le président Mwai Kibaki et le candidat de l'opposition Raila Odinga. AP

ljg/v145/tl




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