Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Trois mois après son entrée en vigueur sur les lieux de travail, et notamment les restaurants, l'interdiction de fumer a eu des effets négatifs sur l'activité des établissements dans l'Etat américain du Tennessee (sud). Mais certains profitent d'une exemption si leurs locaux sont interdits aux moins de 21 ans.
Derrière son bar à Nashville, Rob Forsyth est beaucoup moins sollicité qu'avant l'entrée en vigueur de l'interdiction, le 1er octobre. Il affirme que ses revenus ont été divisés par deux en trois mois. "L'interdiction de fumer est hypocrite", affirme le barman. "Ils laissent cultiver du tabac dans tout l'Etat, mais ils disent aux gens qu'ils ne peuvent pas fumer. Cette interdiction est la pire chose qui soit arrivée à l'industrie de la restauration".
Le gouverneur du Tennessee Phil Bredesen a signé la loi en juin dernier. Le texte interdit de fumer dans la plupart des lieux de travail: bureaux et commerces, y compris restaurants. Mais la loi comporte des exceptions. Ainsi, les entreprises de moins de trois salariés, les débitants de tabac et les endroits avec portes de garage sont exemptés. Mais là où le bât blesse, c'est qu'il est encore possible de se griller une cigarette dans les bars et restaurants interdits aux personnes âgées de moins de 21 ans.
Le président de l'Association des restaurants du Tennessee, Ronnie Hart, milite pour la suppression de cette exemption, accusant de nombreux propriétaires de ne pas suivre "l'esprit de la loi". Elle peut aussi entraîner une perte d'emploi pour les salariés de moins de 21 ans, souvent des étudiants, qui ne sont plus autorisés à travailler dans ces lieux.
Les services de santé du Tennessee n'ont pas recensé les établissements ayant décidé d'interdire leurs locaux aux moins de 21 ans depuis le 1er octobre. Se basant sur les plaintes qu'il a reçues, M. Hart affirme que de plus en plus de bars et restaurants ont décidé de changer ainsi leur fusil d'épaule, attirant les clients des restaurants plus familiaux qui ne peuvent faire de même.
Ashley Boggs Williams, vice-président de la chaîne de restaurants Huey, à Memphis, souligne que l'interdiction a fait beaucoup de tort à la restauration dans la région. "En réalité cela nous détruit", confie-t-il. "Nous avons perdu 15 à 30% dans la plupart de nos établissements. Et cette tendance va se poursuivre si rien ne change".
Mais tous les restaurants ne sont pas logés à la même enseigne. Marshall West, gérant d'un établissement de Knoxville, n'a constaté aucun changement. Mais, note-t-il, le fait de bénéficier d'un patio dans lequel les fumeurs peuvent s'en donner à coeur joie est un atout indéniable. "Cela n'a pas du tout affecté nos affaires", observe-t-il. "Nos chiffres sont les mêmes que l'an dernier".
"Avec le temps, ces choses finissent par se régler", conclut Ronnie Hart. "Les gens ont leur lieu préféré et ils y retournent. C'est comme l'ouverture d'un nouveau restaurant dans un quartier. On en fait d'abord tout un plat, mais ensuite, cela devient la norme".
Selon les services de santé, l'interdiction a eu des effets positifs sur le nombre de fumeurs: le taux d'adultes accros à la nicotine est passé de 26,7% en 2006 à 22,6% début décembre. AP
ir/dn/mw
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|