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Les Chypriotes se rendaient aux urnes dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle opposant l'actuel président du Parlement, le communiste réformateur Dimitris Christofias à l'ancien ministre des Affaires étrangères conservateur Ioannis Kasoulides. En cas de victoire, M. Christofias pourrait devenir le premier chef d'Etat d'inspiration communiste au sein de l'UE.
Les bureaux de vote ont ouvert dimanche à 7h du matin (5h GMT) et devaient fermer à 17h (15h GMT). Les résultats définitifs devraient être connus dans la nuit de dimanche à lundi.
Quelque 516.000 électeurs étaient appelés aux urnes, dont 390 Chypriotes-turcs vivant dans le Sud. Selon la commission électorale, la participation atteignait 48,5% à la mi-journée.
D'après les derniers sondages, le match devait être serré pour le second tour entre Ioannis Kasoulides, 59 ans, du Rassemblement démocratique (Disy, conservateur), et le patron du parti communiste réformé Akel, Dimitris Christofias, 61 ans.
L'Akel s'est efforcé de souligner que M. Christofias n'est pas un stalinien mais un "socialiste progressiste".
Hubert Faustmann, professeur de relations internationales à l'université de Nicosie le considère comme un "social-démocrate pragmatique". "Il n'est même pas anticapitaliste. Au début, il fera peut-être lever quelques sourcils à l'UE. Mais lui n'est pas ce qu'on peut avoir à l'esprit quand on entend le mot communiste", relève-t-il. Theodore Couloumbis, vice-président de la Fondation hellénique pour la politique européenne et étrangère est d'accord. "Le parti communiste, depuis des années, est un parti quasi capitaliste", note-t-il.
Bien que forts différents, les deux candidats sont d'accord sur une chose capitale: la nécessité de reprendre d'urgence les pourparlers sur la réunification de l'île, coupée en deux depuis 1974, quand un coup d'Etat téléguidé depuis la Grèce des colonels qui fit long feu avait provoqué l'invasion turque dans le nord de Chypre.
Depuis, dans la partie turque, la RTCN (République turque de Chypre nord) n'est reconnue que par Ankara, dont l'armée et les colons y sont omniprésents. La communauté internationale reconnaît elle à la République de Chypre la souveraineté sur la totalité de l'île. C'est donc elle qui est entrée, divisée, dans l'Union européenne.
Tant Ioannis Kasoulides que Dimitris Christofias ont promis de relancer les négociations avec les Chypriotes-turcs, après le "non" des électeurs chypriotes-grecs en 2004 au projet de règlement des Nations unies, accepté par l'autre partie. Ils s'en sont pris au président sortant Tassos Papadopoulos -sorti dès le premier tour de la présidentielle le 17 février dernier- dont l'attitude d'hostilité à la réunification a rapproché l'île d'Aphrodite de la crainte d'une partition définitive. Une angoisse ravivée par la toute récente indépendance du Kosovo, que de ce fait Nicosie refuse de reconnaître. AP
nc-ll/v/sb
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