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actu & culture


NICOSIE - lundi 25 fevrier 2008 à 12h52

L'UE exhorte Christofias à reprendre les négociations avec les Chypriotes-turcs


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Pas de temps à perdre. La Commission européenne a exhorté lundi le tout nouveau président chypriote, frais élu de la veille, à reprendre sans délai les pourparlers avec les Chypriotes-turcs en vue de faire avancer le délicat dossier de la réunification de l'île divisée.

Dimitris Christofias, chef du parti communiste Akel, s'est engagé en ce sens, acceptant de rencontrer au plus vite le dirigeant de la RTCN (République turque de Chypre Nord, reconnue uniquement par Ankara), Mehmet Ali Talat. Aucune date n'a pour l'instant été fixée.

"Votre élection constitue une opportunité pour surmonter l'impasse qui dure depuis longtemps sur la question chypriote", a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso dans un communiqué.

"Je vous encouragerais fortement à saisir cette occasion et à démarrer sans délai des négociations sous égide de l'ONU avec le dirigeant de la communauté chypriote-turque sur un accord global", poursuit-il.

La réunification de Chypre, divisée depuis 1974 et dont le nord est occupé par l'armée turque depuis, et à tout le moins la détente entre le Nord et le Sud, permettrait de commencer à lever l'un des principaux obstacles à la candidature turque à l'Union européenne.

Elle permettrait en outre à Chypre de reconnaître l'indépendance du Kosovo, à laquelle Nicosie s'oppose jusqu'à présent, craignant les conséquences de ce précédent pour l'île.

Washington également a mis son poids dans la balance et considéré que l'élection de Christofias constituait une chance à saisir. En le félicitant, l'ambassade américaine à Nicosie a considéré que "2008 offre une fenêtre d'opportunité pour des progrès significatifs".

Demetris Christofias a été élu dimanche avec un confortable 53,37% des voix devant le conservateur Ioannis Kasoulides, qui était lui aussi favorable à la reprise des pourparlers. Le scrutin semble donc marquer la fin de l'ère de l'intransigeance sur le dossier de la réunification, incarnée par le président sortant Tassos Papadoupoulos, qui avait été exclu dès le premier tour à la surprise générale.

Papadoupoulos avait notamment été le principal architecte du "non" des électeurs chypriotes-grecs en 2004 au projet de règlement des Nations unies, accepté par l'autre partie. Après ce rejet, Chypre était entrée divisée dans l'UE.

Dès lundi matin, Christofias a rencontré le Haut Commissaire britannique Peter Millett. La Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale de Chypre, a toujours deux bases militaires dans le pays où elle joue un rôle diplomatique de premier plan. Peter Millet a assuré le nouveau président du "soutien indéfectible" de Londres pour "travailler à une solution chypriote", tout en ajoutant que ni la Grande-Bretagne ni la communauté internationale ne souhaitaient "imposer" une solution.

Dès son discours de victoire, Christofias a "tendu la main de l'amitié à la population chypriote-turque et à ses dirigeants", remerciant Mehmet Ali Talat pour ses félicitations, et se disant impatient d'entamer une "coopération substantielle pour le bien des deux communautés". AP

nc/v