Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
L'explosion de samedi dans un dépôt de munitions de l'armée albanaise près de Tirana a fait au moins cinq morts et 243 blessés, a annoncé dans la soirée le Premier ministre Sali Berisha. Les recherches ont été interrompues pour la nuit.
M. Berisha a précisé que trois corps avaient été identifiés et que 12 des 142 blessés encore hospitalisés se trouvaient dans un état grave. Selon lui, aucun étranger ne se trouvait apparemment dans le secteur au moment de l'accident, qui a entraîné l'évacuation de 4.000 habitants de trois villages de la zone. D'après le ministre de la Santé Nard Ndoka, nombre d'enfants figurent parmi les blessés. Un peu plus tôt, le Premier ministre avait déclaré qu'il semblait "que le nombre de morts soit considérable".
L'explosion initiale a provoqué des déflagrations en chaîne dans le dépôt, empêchant les secours d'accéder au site. La police a précisé que la cause n'était pas connue dans l'immédiat mais déclaré qu'elle ne semblait pas avoir été provoquée par un attentat. La déflagration a conduit les autorités à suspendre les vols pendant au moins une demi-heure à l'aéroport international de Tirana.
Qualifiant la situation de "grave", Sali Berisha a expliqué que le dépôt était évacué, selon sa porte-parole Juela Mecani. La situation est "alarmante", a-t-elle ajouté. A la télévision albanaise, le président Bamir Topi a lancé un appel au calme pour éviter "la panique et le chaos".
Le dépôt, qui servait de lieu de destruction d'un excédent de munitions, se trouve dans le village de Gerdec, à une dizaine de kilomètres au nord de Tirana, la capitale. Selon M. Berisha, la destruction était réalisée par une société albanaise sous contrat avec une société américaine de Californie du Sud. Environ 6.000 ou 7.000 tonnes de munitions et explosifs avaient ainsi été détruits l'an dernier. Quelque 100.000 tonnes de munitions et obus sont stockées dans des dépôts du pays, selon le ministre de la Défense Fatmir Mediu.
L'explosion a été entendue à plus de 50km à la ronde, provoquant la fuite d'habitants de localités environnantes. Un photographe d'AP sur place a constaté que des maisons situées à plus d'un kilomètre de distance avaient été endommagées.
Le bureau de Sali Berisha a publié un communiqué citant des témoins selon lesquels 110 personnes travaillaient dans le dépôt au moment de l'accident. Il y aurait eu un délai d'une dizaine de minutes entre la première explosion et les suivantes, ce qui aurait permis à une bonne partie des employés de s'enfuir. M. Berisha n'a pas exclu la possibilité d'une erreur humaine mais a souligné que l'explosion pouvait s'être déclenchée sans intervention. "Le problème des munitions est des plus graves en Albanie et représente une menace permanente. Il y en a une quantité colossale, folle depuis 1945."
Il y a trois ans, un accident similaire dans le sud de l'Albanie avait tué un militaire et en avait blessé quatre autres.
A Paris, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a téléphoné à Sali Berisha pour lui dire que "la France se tient prête à apporter son appui aux opérations de secours", d'après un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Les Etats-Unis se sont également dits prêts à participer.
Le ministre albanais de la Santé a aussi fait état d'offres d'assistance de l'Italie, de la Grèce et de la Suisse, entre autres pays. Certains des blessés les plus graves pourraient être évacués vers ces pays s'ils sont transportables. L'Italie dépêchait du personnel et du matériel médical à la demande de Tirana.
Au Kosovo voisin, dont 90% des deux millions d'habitants sont albanophones, des centaines de personnes faisaient la queue devant un hôpital de Pristina pour donner leur sang, tandis que la force de maintien de la paix de l'OTAN envoyait du sang par hélicoptère, selon les autorités. Des Macédoniens ont aussi donné leur sang à Skopje, et le ministre des Affaires étrangères Antonio Milososki l'a même fait une fois arrivé à Tirana. AP
cr/mgh/com/st/v
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|