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L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter, défenseur des droits du peuple tibétain, s'est montré hostile dimanche à un boycott des Jeux olympiques de Pékin en août malgré la répression sanglante par les forces chinoises des récentes manifestations au Tibet.
"Arrêter les Jeux olympiques, c'est interdire à des athlètes de participer aux JO, c'est priver l'ensemble du monde du spectacle qui rallie la plus grande audience mondiale", a expliqué l'ancien ministre socialiste, interrogé sur RTL.
M. Badinter a jugé plus utile de profiter des JO de Pékin pour faire "caisse de résonance". "Imaginez que tous ceux qui iront aux Jeux olympiques portent dans le stade immense où se tiennent les Jeux des badges avec marqué "Vive le Tibet libre" ou "Respectez les Tibétains" et que les télévisions du monde entier reproduisent ce message, cela aurait un impact considérable", a souligné le sénateur des Hauts-de-Seine.
"Il faut profiter de la tenue des Jeux olympiques pour que le phare soit mis sur ce qui se passe au Tibet, sur la privation des droits fondamentaux des Tibétains, sur l'éradication de leur culture et sur la persécution des moines. C'est un moment unique", a-t-il argué.
L'ancien ministre de la Justice a toutefois rappelé le "principe de la trêve olympique" qui ne tolère "pas de violences, pas d'agression, pas d'hostilités pendant les Jeux Olympiques". Si, à l'approche des JO, "ce n'était qu'émeutes et répression, à ce moment-là, il faudrait considérer la possibilité de tenir les Jeux olympiques dans un tel climat", a-t-il concédé.
Mais, a-t-il conclu, "si nous ne sommes pas dans un état de violence insurrectionnelle, ce n'est même pas réaliste d'y penser". AP
sop/
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