Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID : Ok
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PEKIN - lundi 17 mars 2008 à 20h28

Le gouverneur du Tibet promet la clémence aux manifestants qui se rendront



Après les manifestations de ces derniers jours à Lhassa, le gouverneur du Tibet Champa Phuntsok a promis la clémence aux protestataires qui se rendraient avant la fin de la journée de lundi, les menaçant dans le cas contraire de comparution devant la justice. D'après lui, le bilan des violences s'élève à 16 morts et des dizaines de blessés, le gouvernement tibétain en exil évoquant de son côté 80 morts.

Ce soulèvement, le plus dur contre le pouvoir de Pékin depuis près de deux décennies, a gagné trois provinces chinoises proches du Tibet et donné lieu à des rassemblements de soutien à l'étranger, embarrassant les autorités communistes à cinq mois des Jeux olympiques de Pékin.

"Le gouvernement chinois préservera résolument sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale. Les actions violentes ont montré la véritable nature de la clique du dalaï lama", a lancé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao.

"Aucun pays ne permettrait à ces délinquants ou criminels d'échapper aux mains de la justice et de la Chine", a déclaré Champa Phuntsok en référence aux manifestants. "Si ces gens se rendent" avant lundi, minuit (16H GMT, 17h à Paris), "ils seront traités avec clémence dans le cadre de la loi". Sinon, a-t-il poursuivi, "nous les traiterons sévèrement". S'ils "peuvent fournir plus d'informations sur l'implication d'autres personnes dans ces crimes, alors ils pourront même être traités de manière encore plus clémente", a ajouté le gouverneur, affirmant ignorer si certains s'étaient déjà rendus.

L'homme fort de Lhassa s'est exprimé lors d'une conférence de presse destinée à faire la lumière sur l'attitude répressive des autorités chinoises face aux mouvements de protestation qui agitent le Tibet depuis la semaine dernière et ont dégénéré vendredi à Lhassa.

D'après Champa Phuntsok, "plusieurs personnes ont été brûlées vives et la foule a aspergé les rues d'essence", certains des participants se transformant en torches humaines, et d'autres maltraitant des policiers. "Les forces de sécurité ont fait preuve d'une grande retenue et ne se sont pas servies de leurs armes", a ajouté ce haut responsable sous la coupe de Pékin.

Selon l'édition en ligne du "Times", des camions ont défilé lundi dans les rues de Lhassa avec une quarantaine de prisonniers tibétains menottés, tandis que des soldats contrôlaient dans chaque maison les cartes d'identité et interpellait quiconque ne disposait pas d'une autorisation de séjourner dans la ville.

Si les forces chinoises semblent désormais contrôler la situation à Lhassa, la révolte s'est étendue, d'après plusieurs sources, aux provinces chinoises du Gansu, du Qinghai et du Sichuan. Quelque 200 étudiants ont même manifesté à Pékin lundi, assis dehors avec des bougies.

Au Népal, la police a utilisé des matraques en bambou pour disperser lundi à Katmandou une centaine de manifestants tibétains et de moines bouddhistes, et 44 personnes ont été interpellées. Les manifestants se trouvaient près du principal édifice de l'ONU quand les policiers les ont chargés, embarquant certains des protestataires dans des fourgons. Les forces de l'ordre ont aussi eu recours à des gaz lacrymogènes.

En Inde, des exilés tibétains ont manifesté lundi devant les bureaux de l'ONU et de l'ambassade de Chine à New Delhi. Des heurts entre la police et une centaine de manifestants qui ont essayé d'entrer dans l'ambassade. Certains ont été arrêtés.

En Allemagne, la police a annoncé que 25 manifestants tibétains avaient été interpellés après avoir essayé d'entrer dans le consulat chinois à Munich.

Une fois encore, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a appelé lundi la Chine à faire preuve de retenue face aux protestataires et estimé que Pékin devait trouver un moyen de discuter avec le dalaï lama.

En revanche, la Russie a exprimé son soutien au gouvernement chinois et a jugé "inacceptables" les appels au boycott des JO de Pékin. Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères note que Moscou considère le Tibet comme une partie inaliénable de la Chine.

En visite à Sainte-Lucie, le président du Comité international olympique (CIO) Jacques Rogge s'est de son côté dit "très inquiet" de la répression chinoise, estimant qu'elle représentait une très mauvaise publicité pour les JO de Pékin en août.

Les ministres des Sports de l'Union européenne et les comités olympiques des pays de l'UE se sont opposés à un boycott des Jeux olympiques de Pékin en raison de la répression chinoise au Tibet. Un avis partagé par le comité olympique australien. AP

pyr/cr/st/v615