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actu & culture


KOSOVSKA MITROVICA, Kosovo - lundi 17 mars 2008 à 18h23

Kosovo: plus de 100 blessés dans des affrontements à Mitrovica


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Flambée de violence à Mitrovica: une soixantaine de policiers de l'ONU et soldats de la KFOR, dont une vingtaine de Français, ainsi que 70 manifestants serbes ont été blessés lundi après l'intervention d'unités spéciales de la police onusienne qui ont évacué un tribunal de l'ONU occupé par des protestataires dans cette ville du nord du Kosovo.

Un mois jour pour jour après la déclaration d'indépendance du Kosovo, plusieurs centaines de manifestants serbes présents devant le tribunal ont jeté des pierres, des grenades et des cocktails molotov sur la police de l'ONU et les soldats de l'OTAN (KFOR), qui tentant de les tenir à l'écart du palais de justice, ont répondu par des tirs de grenades lacrymogènes et de grenades assourdissantes.

Vingt-sept policiers polonais gardant le tribunal ont été blessés dans les affrontements. Quinze policiers ukrainiens ont également été touchés.

Par ailleurs, une vingtaine de soldats français de la KFOR ont été blessés, dont huit ont été évacués à Plana, a précisé l'état-major français des armées en soulignant en fin d'après-midi qu'aucun d'eux n'avait été gravement touché.

Des policiers danois ont également été la cible de tirs, mais n'ont pas été blessés. Au moins un véhicule de l'ONU et un camion de la KFOR ont été incendiés durant les émeutes. La police de l'ONU s'est retirée de la ville après avoir été apparemment visée par des tirs serbes à l'arme légère. La KFOR est de son côté restée à Mitrovica afin de rétablir l'ordre.

Au moins 70 manifestants serbes, dont un atteint à l'oeil par une balle, ont également été blessés, selon des sources hospitalières. "La plupart des civils souffrent de blessures dues à des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes et des engins explosifs", a précisé Vladimir Adzic, directeur d'un hôpital local.

Il s'agit des violences les plus graves au Kosovo depuis que les albanophones du petit territoire ont proclamé unilatéralement leur indépendance vis-à-vis de la Serbie le 17 février.

"Visiblement, nous venons de franchir un degré dans la violence, c'est la première fois que nous avons affaire à des tirs sur nos propres troupes", a expliqué Jean-Luc Cotard, porte-parole de la KFOR, qui a évoqué sur France Info "des jets de grenades et des tirs d'armes légères" contre les soldats.

Avant les incidents, une centaine de policiers de l'ONU et de soldats de la KFOR avaient repris le contrôle du tribunal des Nations unies que des Serbes occupaient depuis vendredi pour protester contre la déclaration d'indépendance du Kosovo.

Selon la police onusienne, 53 Serbes qui occupaient l'enceinte ont été arrêtés lors de l'opération lundi matin. Une vingtaine ont toutefois été libérés par des émeutiers qui ont stoppé trois véhicules de l'ONU dans lesquels ils se trouvaient, d'après des témoins.

A Mitrovica, le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, a dénoncé une action "brutale et inadmissible" de la police de l'ONU, tandis qu'à Belgrade, le président serbe Boris Tadic accusait les forces internationales "d'utiliser une force excessive" et mettait en garde contre "une escalade" de la violence au Kosovo.

L'Union européenne a exprimé sa préoccupation et appelé à la retenue. "La violence est inacceptable. Ce n'est pas une option et toutes les parties devraient travailler ensemble pour construire un Kosovo multiethnique fondé sur l'Etat de droit et le respect de la démocratie", a déclaré à Bruxelles Altafaj Tardio, porte-parole de l'UE.

Dans un communiqué conjoint, les chefs de la diplomatie française et suédoise, Bernard Kouchner et Carl Bildt, ont condamné avec "la plus grande fermeté les violences" à Mitrovica, appelant la population du Kosovo "à s'abstenir de toute violence et à faire le choix de l'avenir et de l'Europe".

A Belgrade, la police serbe s'est déployée devant les bâtiments du gouvernement et les ambassades occidentales, apparemment dans la crainte de possibles émeutes. A Mitrovica, des hélicoptères de la KFOR survolaient la ville, divisée entre quartiers serbes au nord et albanophones au sud.

Alexander Ivanko, porte-parole de la mission des Nations unies au Kosovo (MINUK) a précisé que des employés de l'ONU à Mitrovica étaient transférés vers le sud de la ville. Il a confirmé que la KFOR devait prendre le contrôle du secteur serbe, au nord, sans préciser si cela nécessiterait l'envoi de renforts. AP

lat/lma/v439/cr