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Le Dalaï Lama a menacé mardi de démissionner de ses fonctions de chef politique du gouvernement tibétain en exil si la situation au Tibet dégénère.
Le chef spirituel des Tibétains, âgé de 72 ans, a vivement rejeté les accusations du gouvernement chinois, qui lui impute la responsabilité des émeutes au Tibet. "Je dis à la Chine et aux Tibétains, ne perpétrez pas de violences", a lancé le Dalaï Lama au cours d'une conférence de presse à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, où il vit en exil depuis 1959.
"Que nous le souhaitons ou non, nous devons vivre côte à côte. Nous devons nous opposer à la politique chinoise, mais pas aux Chinois. Pas sur une base raciale", a-t-il dit. Si la situation échappe à tout contrôle, il n'aura pas d'autre "choix que de demissionner complètement".
Un de ses collaborateurs, Tenzin Takhla, a par la suite clarifié les propos du Dalaï Lama. "Si les Tibétains devaient choisir la voie de la violence, il devra démissionner parce qu'il est complètement engagé dans la non-violence", a-t-il expliqué. Il démissionnera alors "en tant que chef politique et chef de l'Etat mais pas en tant que Dalaï Lama. Il restera le Dalaï Lama".
D'après un bilan du gouverneur du Tibet Champa Phuntsok, le bilan des violences de ces derniers jours à Lhassa s'élève à 16 morts et des dizaines de blessés, le gouvernement tibétain en exil faisant de son côté état de 80 morts. Ce soulèvement, le plus dur contre le pouvoir de Pékin depuis près de deux décennies, a gagné trois provinces chinoises proches du Tibet et donné lieu à des rassemblements de soutien à l'étranger, embarrassant les autorités communistes à cinq mois des Jeux olympiques de Pékin. AP
ll/v0294
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