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Après neuf mois de blocage marqués par le spectre d'une partition, la crise politique est en voie de règlement en Belgique: cinq partis ont annoncé mardi la conclusion d'un accord pour former un gouvernement national, qui devrait être conduit par le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme.
"Je peux confirmer que les cinq partis (...) ont trouvé un accord, dans lequel figurent de nombreuses mesures concrètes", a annoncé sur la radio néerlandophone VRT, Yves Leterme, qui a mené les négociations toute la nuit. Les formations avaient jusqu'au 23 mars pour tenter de se mettre d'accord sur un projet de gouvernement.
Yves Leterme devrait prendre la place du Premier ministre intérimaire Guy Verhofstadt jeudi, quand le Parlement et les cinq partis de la coalition -deux partis flamands et trois francophones, allant des libéraux aux socialistes- auront donné leur aval au projet arrêté dans la nuit, ont précisé des représentants de partis.
Le programme auquel Yves Leterme et ses interlocuteurs sont parvenus contient de vagues promesses sur un durcissement des lois d'immigration, des baisses d'impôts et une augmentation des retraites, dans un contexte marqué par la crainte d'un ralentissement économique.
En revanche, le texte ne fait pas mention d'une réforme constitutionnelle visant à réorganiser les relations entre les deux communautés linguistiques. Cette modification, souhaitée par les Flamands, est à l'origine d'une crise de plusieurs mois et qui a fait craindre que les différentes composantes du pays ne puissent plus jamais se retrouver sur un même projet national.
Les Néerlandophones réclament en effet une autonomie accrue des régions, notamment en matière de sécurité sociale et de fiscalité, un point qui effraie les Wallons. Les francophones redoutent pour leur part une réduction des budgets accordés à la Wallonie, région la plus pauvre du pays, et à la capitale bilingue Bruxelles.
A la demande du roi Albert II, le Premier ministre sortant Guy Verhofstadt conduisait depuis décembre un gouvernement de transition chargé de régler les affaires urgentes et mener le débat sur la réforme institutionnelle.
Pendant cette période d'intérim, la majorité des partis politiques s'étaient mis d'accord sur le principe d'une réforme constitutionnelle limitée, ouvrant ainsi la voie à la formation d'un nouveau gouvernement. Les discussions entre les partis avaient repris le 15 janvier dernier.
La question de la réforme constitutionnelle reste à l'étude, mais elle a été confiée à un groupe spécial de députés.
Les chrétiens-démocrates flamands emmenés par Yves Leterme ont été les grands gagnants des élections législatives du 10 juin dernier, mais ils vont devoir compter avec le Centre démocrate humaniste (CDH), le Parti socialiste et le Mouvement Réformateur (MR), trois formations francophones, pour faire fonctionner la coalition. Les Libéraux et démocrates (VLD) de Guy Verhofstadt sont le seul autre parti flamand présent dans le nouveau gouvernement. AP
pf/v0236/cr
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