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Un représentant de Pékin a une nouvelle fois attaqué mercredi le dalaï lama, l'accusant d'être un "loup" caché sous une "robe de moine" et parlant de combat "à mort" contre ses partisans, après les violentes manifestations contre le pouvoir chinois réprimées vendredi dernier au Tibet.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao s'est cependant déclaré prêt à discuter avec le dalaï lama, a affirmé mercredi son homologue britannique après un entretien téléphonique. "Le Premier ministre a dit que, si le dalaï lama respectait deux choses qu'il a déjà affirmées, à savoir qu'il ne soutient pas l'indépendance totale du Tibet et qu'il renonce à la violence, il était prêt à entamer un dialogue avec le dalaï lama", selon Gordon Brown.
Selon des médias officiels chinois, plus de 100 personnes se sont rendues à la police dans la région de Lhassa. Le gouvernement communiste avait promis la clémence à ceux qui se livreraient avant lundi minuit, les menaçant sinon de sanctions sévères. Toute confirmation des informations sur les redditions est impossible.
Les médias étrangers sont interdits de se rendre au Tibet et des ressortissants étrangers sont empêchés par la police de gagner d'autres régions comptant un grand nombre de Tibétains. Quant aux médias entièrement contrôlés par Pékin, ils ont rapporté la seule version officielle des événements de la semaine dernière, au cours desquels les émeutiers auraient tué 16 personnes. Le gouvernement affirme que les soldats n'ont pas tiré sur la foule et dément le bilan de 80 morts avancé par le gouvernement tibétain en exil.
D'après l'agence de presse officielle Chine nouvelle, des groupes ont détruit et incendié des magasins, maisons, banques, écoles et administrations, ainsi que des dizaines de véhicules. Les pertes des entreprises seraient estimées à plus de 99 millions de yens (8,88 millions d'euros).
Les manifestations emmenées par des moines bouddhistes avaient débuté dans le calme le 10 mars, à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement de 1959 contre l'autorité de Pékin, puis ont dégénéré vendredi dernier.
Mercredi, le chef du Parti communiste du Tibet s'en est pris vivement à son tour au dalaï lama, lauréat du prix Nobel de la paix en 1989. "Le dalaï est un loup en robe de moine, un diable au visage humain mais au coeur de bête!", a lancé Zhang Qingli. "Nous sommes maintenant engagés dans une féroce bataille (...) avec la clique du dalaï, une bataille à mort entre nous et l'ennemi". L'ancien gouverneur du Tibet Raidi, cité par Chine nouvelle, a également accusé le gouvernement tibétain en exil d'avoir orchestré les émeutes pour "troubler la stabilité sociale" en cette période "sensible" avant les Jeux olympiques d'août à Pékin.
Le dalaï lama, qui a fui le Tibet lors du soulèvement de 1959, a appelé ses partisans au calme, menaçant de démissionner de la tête du gouvernement tibétain en exil si les violences devenaient incontrôlables. Il a dans le même temps suggéré que la Chine pourrait avoir fomenté des troubles à Lhassa et dans des provinces chinoises proches pour tenter de le discréditer.
A cinq mois de l'ouverture des JO de Pékin, les manifestations ont déclenché des débats sur un possible boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux le 8 août. Mercredi, Jiang Xiaoyu, vice-président du comité d'organisation des JO, a affirmé que le relais de la flamme olympique passerait comme prévu par le Tibet et l'Everest.
Face à cette crise, plusieurs pays, dont les Etats-Unis, exhortent la Chine à entamer des discussions directes avec le dalaï lama. Mercredi, le pape Benoît XVI a appelé au dialogue et à la tolérance, exprimant "tristesse et douleur" et priant pour une résolution pacifique de la crise.
Le calme serait revenu à Lhassa, étroitement contrôlée. Un homme ayant requis l'anonymat a rapporté qu'une petite manifestation s'était dispersée mardi à l'arrivée des soldats. Les manifestations se sont étendues à des provinces chinoises où vivent nombre de Tibétains, comme le Sichuan.
A l'étranger, où se multiplient des rassemblements contre la répression chinoise au Tibet, une vingtaine de manifestants ont déployé un drapeau tibétain devant l'ambassade de Chine mercredi à Bangkok. Et au Népal, une trentaine de Tibétains ont été interpellés en tentant de franchir un cordon de police devant les locaux de l'ONU à Katmandou. A l'inverse, dans l'Empire du milieu, insultes, propos haineux et menaces dirigés contre les Tibétains ont fleuri sur le Internet dans de nombreux forums. AP
cr/v/st
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