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Sous la présidence de Bill Clinton, son épouse était une première dame active qui contribuait à l'action politique de son mari, comme le montrent des emplois du temps de l'ancienne First Lady qui viennent d'être rendus publics. Mais alors que la candidate Hillary Clinton tente de refaire son retard sur Barack Obama, ces documents font également ressurgir le spectre de l'affaire Lewinsky.
Des journalistes et observateurs politiques américains ont mis à profit la publication mercredi des 11.000 pages d'emplois du temps par les Archives nationales pour rechercher où se trouvait Mme Clinton et ce qu'elle faisait à l'époque du scandale.
On note ainsi que la First Lady était à la Maison Blanche, assistant à des réunions dans la salle des cartes et la salle de réception diplomatique, en ce jour du 28 février 1997 où Monica Lewinsky avait eu une relation intime avec le président alors qu'elle portait sa fameuse robe bleue.
Le 21 janvier 1998, jour où l'affaire Lewinsky a éclaté au grand jour, Hillary Clinton recevait un diplôme honorifique à l'université Goucher College, près de Baltimore. Les documents révèlent également que le jour où Bill Clinton a été entendu par un grand jury fédéral sur la nature de sa relation avec la stagiaire de la Maison Blanche, le 17 août 1998 devait être la date du départ en vacances de la famille Clinton pour l'île de Martha's Vineyard, station balnéaire huppée du Massachusetts.
Hasard du calendrier, les frasques sexuelles de responsables élus ont dominé l'actualité politique américaine ces derniers jours. Eliot Spitzer, un allié politique de Mme Clinton, a démissionné de ses fonctions de gouverneur de New York après avoir été mis en cause dans une affaire de prostitution, et son successeur David Paterson a dû reconnaître des infidélités conjugales répétées.
Le maire de Detroit, Kwame Kilpatrick, est sous pression pour démissionner alors qu'il est soupçonné d'avoir menti sous serment l'an dernier en niant avoir eu une liaison en 2002 et 2003. Quant à l'ancien gouverneur du New Jersey, Jim McGreevey, qui avait démissionné en 2004 après avoir révélé son homosexualité, il a avoué cette semaine avoir eu des expériences sexuelles à trois avec son épouse et un collaborateur.
Dans ce contexte, le fait que l'on reparle de l'affaire Lewinsky ne paraît pas particulièrement choquant. Mais pour Hillary Clinton, c'est un sujet personnel et douloureux qu'elle a cherché à occulter dans sa campagne présidentielle.
Depuis qu'elle s'est lancée dans la course à la Maison Blanche, elle n'a de cesse de mettre en avant son expérience de première dame et la prospérité qu'ont connus les Etats-Unis sous la présidence de son mari. L'affaire Lewinsky n'est jamais évoquée publiquement.
Reste que ce scandale n'a pas nécessairement nui à Mme Clinton sur la scène publique. Sa cote de popularité avait même grimpé lors de la procédure de destitution contre son mari, contribuant à ouvrir la voie à sa campagne victorieuse pour le Sénat en 2000. Quant au récent cas Spitzer, il a indigné de nombreuses Américaines qui commencent à se demander sans détour si le meilleur moyen d'éviter ce genre d'affaire ne serait pas d'élire des... femmes.
Ses anciens emplois du temps éclairent également certains aspects de son passé de First Lady, que Mme Clinton préférerait peut-être laisser dans l'ombre. Les archives montrent ainsi qu'elle a consacré l'essentiel de son temps en 1993-94 à superviser la réflexion sur un plan de réforme du système de santé, dont l'échec contribua à faire perdre le contrôle du Congrès aux démocrates.
Elle a également tenu des réunions pour aider son mari à faire passer l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), avec lequel la candidate Clinton cherche aujourd'hui à prendre ses distances. AP
lma/v247/tl
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