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Le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme a été désigné jeudi par le roi Albert II comme Premier ministre de la Belgique à la tête d'une fragile coalition de cinq partis. Il succède au gouvernement intérimaire du libéral flamand Guy Verhofstadt après neuf mois de crise politique marqués par le spectre d'une partition du royaume.
Le gouvernement de M. Leterme est composé de 15 ministres et sept secrétaires d'Etat issus de cinq partis.
Les chrétiens-démocrates flamands (CD&V) emmenés par M. Leterme avaient été les grands gagnants des élections législatives du 10 juin dernier, mais ils doivent compter avec le Centre démocrate humaniste (CDH), le Parti socialiste (PS) et le Mouvement Réformateur (MR), trois formations francophones, pour faire fonctionner la coalition. Les Libéraux et démocrates (VLD) de Guy Verhofstadt sont le seul autre parti flamand présent dans le nouvel exécutif, qui demandera un vote de confiance samedi.
Le gouvernement s'est fixé pour priorités le renforcement du contrôle de l'immigration, la réduction des impôts et l'augmentation des pensions de retraites, dans un contexte de crainte d'un ralentissement économique. Conscient du traumatisme causé par déchirements des derniers mois, M. Leterme a déclaré que son équipe entendait "renforcer la confiance des citoyens dans la politique. Non pas par (...) de vaines promesses, mais par (...) des mesures concrètes, en investissant dans la santé, l'environnement et la sécurité".
Au sein de ce cabinet, le libéral Karel De Gucht sera chargé de la diplomatie jusqu'en 2009, date à laquelle il succédera à Louis Michel à la Commission européenne, selon la radio-télévision VRT. Quant à Patrick Dewael et Didier Reynders, ils conservent leur portefeuille, respectivement de l'Intérieur et des Finances. M. Reynders a exprimé le voeu que le nouveau gouvernement aille au terme de son mandat de trois ans et puisse "prendre de bonnes mesures pour l'économie et l'évolution de la Belgique".
Mardi, les partis politiques belges avaient annoncé être parvenus à un accord pour la formation d'un gouvernement national, mettant ainsi fin à neuf mois de crise soulevant la question de l'unité du pays, qui comprend 6 millions de néerlandophones et 4,5 millions de francophones. Entre temps, et après des mois sans gouvernement, le Premier ministre sortant Guy Verhofstadt avait accepté de prendre la tête d'une équipe de transition, donnant aux partis jusqu'au 23 mars au plus tard pour s'entendre.
Le 15 janvier dernier, les principaux partis politiques belges flamands et wallons ont repris leurs délicates discussions sur la réforme des institutions visant à réorganiser les relations entre les deux communautés linguistiques. Cette modification, souhaitée par les Flamands, a déclenché la crise.
Les Néerlandophones réclament en effet une autonomie accrue des régions, notamment en matière de sécurité sociale et de fiscalité, un point qui effraie les Wallons. Les francophones redoutent pour leur part une réduction des budgets accordés à la Wallonie, région la plus pauvre du pays, et à la capitale bilingue, Bruxelles. La question reste à l'étude, mais elle a été confiée à un groupe spécial de députés.
La classe politique a en tout cas rendu hommage jeudi à Guy Verhofstadt pour avoir dirigé le royaume pendant neuf ans. Mais certains prédisent déjà le retour de l'ex-Premier ministre. "Ce n'est certainement pas son dernier jour en tant qu'homme politique" de premier plan, a lancé Karel De Gucht. AP
st-ma/v0486/mw
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