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actu & culture


ZHONGDIAN, Chine - vendredi 21 mars 2008 à 19h40

Tibet: Pékin intensifie la traque des émeutiers et mobilise ses troupes


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Une semaine après le début des troubles à Lhassa, les autorités chinoises ont intensifié vendredi leur traque des protestataires dans la capitale du Tibet. Parallèlement, des milliers de soldats convergeaient, à pied, en camion ou hélicoptères vers les régions tibétaines de l'ouest de la Chine gagnées par la contestation.

Accusé par les autorités chinoises d'être responsable de ces troubles, embarrassants pour Pékin à moins de cinq mois du début des Jeux olympiques, le Dalaï Lama, a reçu vendredi la visite de l'Américaine Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants.

Premier responsable de cette importance à venir rencontrer le chef spirituel et politique des bouddhistes tibétains dans son exil de Dharamsala, en Inde, depuis le début des manifestations, elle a appelé la communauté internationale à dénoncer la répression chinoise, estimant que "la situation au Tibet est un défi posé à la conscience du monde".

"Si les amoureux de la liberté dans le monde entier ne s'élèvent pas contre l'oppression chinoise en Chine et au Tibet, alors nous avons perdu toute autorité morale pour parler au nom des droits de l'Homme n'importe où dans le monde", a lancé Nancy Pelosi acclamée par plusieurs milliers de Tibétains, dont des moines et des écoliers.

Après avoir rencontré le Dalaï Lama, qui prône la non-violence et le dialogue avec Pékin pour parvenir à l'autonomie du Tibet, Mme Pelosi a réclamé une enquête internationale sur les violences au Tibet et pressé la Chine de laisser la presse internationale et des observateurs indépendants accéder à la région. Elle a par ailleurs jugé "absurde", les accusations de Pékin envers le Dalaï Lama.

Emmenées par des moines bouddhistes, les manifestations au Tibet avaient d'abord commencé dans le calme la semaine dernière avant que n'éclatent des violences le 14 mars, entraînant une forte répression chinoise. Le bilan reste difficile à déterminer, toute information étant verrouillée par Pékin, qui a bouclé militairement la zone et éloigné touristes et journalistes étrangers. Selon l'agence officielle Chine Nouvelle, le bilan des violences à Lhassa s'élève désormais à 19 morts et 623 blessés, quand les organisations tibétaines en exil parlent de 99 morts, 80 à Lhassa et 19 dans la province chinoise du Gansu.

Des habitants de Lhassa rapportaient vendredi que la police patrouillait toujours dans les rues et que les déplacements étaient autorisés à condition de porter des documents d'identité. Selon une personne interrogée par téléphone au Bureau des affaires religieuses, les monastères Sera et Drepung, d'où étaient parties les premières manifestations, restaient fermés et le temple Jokhang, le plus sacré du Tibet au coeur de la vieille ville de Lhassa, était également bouclé.

Les photos de 21 suspects recherchés dans le cadre des troubles de Lhassa ont été placées sur des sites chinois. Les clichés apparemment tirés d'images vidéos pour certains figuraient sous la mention "liste des criminels présumés recherchés par le Bureau de la sécurité publique de Lhassa pour coups et blessures, destruction, pillage et incendie".

Selon l'agence officielle Chine nouvelle, deux suspects ont déjà été arrêtés et un autre s'est rendu. Jusqu'à présent la police a arrêté 24 personnes et 170 autres se sont rendues, ajoute l'agence.

Les autorités ont offert des récompenses et des garanties d'anonymat pour toute information permettant d'interpeller les suspects. Jeudi soir, la chaîne officielle CCTV avait diffusé un programme de 15 minutes montrant des émeutiers tibétains en plein saccage à Lhassa la semaine dernière, sans aucune image de la répression policière qui a suivi.

Jeudi, pour la première fois, Pékin a reconnu par la voix de Chine nouvelle que des troupes avaient ouvert le feu sur des manifestants. Le régime chinois avait également reconnu pour la première fois jeudi que les troubles au Tibet s'étaient propagées à des provinces du sud-ouest de la Chine.

Dans la province de Qinghai, une habitante, qui a requis l'anonymat par crainte de représailles des autorités, signalait vendredi la présence de quelque 300 soldats dans les rues de Zeku, au lendemain de manifestations de moines devant le siège des autorités du comté.

Dans l'extrême nord de la province du Yunnan, à Zhongdian, essentiellement peuplée de Tibétains, une trentaine de policiers armés de matraques patrouillaient sur la place principale. Dans la nuit, une vingtaine de camions de policiers anti-émeutes étaient arrivés en renfort, portant à environ 400 hommes les rangs des forces de l'ordre. AP

sb/v/tl/ll/v0412