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Le département d'Etat américain a dû reconnaître vendredi que des employés avaient consulté indûment les dossiers de passeport des trois prétendants à la Maison Blanche, Barack Obama, Hillary Clinton et John McCain.
Tout est parti de révélations du "Washington Times" sur les consultations du passeport de Barack Obama. Condoleezza Rice a appelé vendredi le candidat à l'investiture démocrate pour lui présenter des excuses. Dans la foulée, le département d'Etat a annoncé que les dossiers de sa rivale Hillary Clinton et du candidat républicain John McCain avaient eux aussi été consultés sans autorisation.
L'inspecteur général du département d'Etat enquête sur les consultations indues du dossier du passeport de Barack Obama, survenues à trois reprises, le 9 janvier, le 21 février et le 14 mars. Le département de la Justice doit superviser l'enquête.
Les failles ont été révélées par des contrôles informatiques internes. Deux employés d'entreprises sous-traitantes travaillant avec le département d'Etat ont été limogés pour avoir consulté indûment le dossier de Barack Obama, et un troisième a fait l'objet d'une sanction disciplinaire. Les sanctions étaient déjà prises quand de hauts responsables du département d'Etat ont été avertis, Mme Rice n'étant elle-même informée que jeudi.
Ce même employé est soupçonné d'avoir également consulté le dossier de John McCain au début de cette année. Le département d'Etat étudie les mesures à prendre concernant cette personne, a précisé le porte-parole Sean McCormack, qui n'a pas voulu divulguer les noms des entreprises sous-traitantes concernées.
Le dossier de Hillary Clinton a lui été consulté à l'été en 2007 par un employé du département d'Etat lors d'un stage avec un autre employé, a-t-il précisé. Cette violation avait été immédiatement identifiée et l'auteur réprimandé, a-t-il précisé.
Condoleezza Rice a téléphoné vendredi à Barack Obama pour lui présenter ses excuses. "Je lui ai dit que j'étais désolée et je lui ai dit que moi-même je serais très troublée" dans le même cas, a rapporté la patronne de la diplomatie américaine devant la presse. Elle a reconnu que "personne ne voudrait que le dossier du passeport d'un Américain puisse être ainsi consulté de façon non autorisée".
Mme Rice s'est dit particulièrement déçue que de hauts responsables du département d'Etat n'aient pas immédiatement été informés de l'affaire. "Je n'étais pas au courant et nous voulons également prendre toutes les mesures pour veiller à ce que genre de choses ne se reproduise plus."
Bill Burton, un porte-parole de l'état-major de campagne de Barack Obama, a dénoncé "une violation scandaleuse de la sécurité et la vie privée". "C'est une affaire grave qui mérite une enquête approfondie et nous exigeons de savoir qui a regardé le dossier du sénateur Obama, dans quel objectif, et pourquoi il fallu tant de temps pour qu'ils révèlent cette faille dans la sécurité."
A Paris, où il a rencontré le président français Nicolas Sarkozy, John McCain a jugé qu'un tel incident méritait "des excuses et une enquête complète". "Les Etats-Unis d'Amérique protègent la vie privée de chacun et des mesures doivent être prises" pour corriger cela, a-t-il ajouté, avant que le département n'annonce qu'il était lui aussi concerné.
On ignore encore les motivations des employés incriminés et s'ils ont vu autre chose dans le dossier concerné que les informations demandées dans les formulaires d'obtention d'un passeport, comme le patronyme, nationalité, date et lieux de naissance et le numéro de sécurité sociale. Le numéro de sécurité sociale peut notamment permettre d'obtenir des informations confidentielles importantes et le dossier peut aussi contenir la liste des pays visités.
L'affaire rappelle un incident survenu en 1992 quand une personne nommée au département d'Etat par le Parti républicain avait été rétrogradée pour avoir consulté des informations sur le passeport de Bill Clinton. AP
sb/v328/tl
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