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Le régime chinois assurait dimanche que les zones gagnées par les manifestations tibétaines contre le pouvoir de Pékin étaient sous contrôle. La presse officielle a lancé de nouvelles attaques contre le Dalaï Lama et sa "clique", accusés d'avoir orchestré les récentes manifestations au Tibet pour ternir l'image de la Chine avant les Jeux Olympiques.
"La clique du Dalaï Lama veut prendre les Jeux olympiques de Pékin en otages pour forcer le gouvernement chinois à faire des concessions en faveur de l'indépendance du Tibet", expliquait le "Quotidien du Peuple", organe officiel du parti communiste chinois.
Dimanche, le Dalaï Lama a rejeté ces accusations "sans fondement". "Je soutiens toujours (que) les Jeux Olympiques (...) doivent avoir lieu à Pékin (...) pour que plus d'un milliard d'êtres humains, c'est-à-dire les Chinois, puissent en être fier", a-t-il répété en marge d'une prière bouddhiste à New Delhi.
La flamme olympique doit être officiellement allumée lundi sur le site antique d'Olympie en Grèce, qui sera protégé par un millier de policiers pour tenir à distance tout manifestant de la cause tibétaine. La flamme doit parcourir une vingtaine de pays, avant d'arriver en Chine, pour l'ouverture des Jeux le 8 août, et certains redoutent des manifestations violentes sur son passage après les événements au Tibet. D'ores et déjà, une Thaïlandaise Narisa Chakrabongse qui faisait partie des porteurs du flambeau dans son pays a annoncé son retrait dimanche pour dénoncer la répression chinoise.
Pékin a mobilisé des milliers de soldats dans les régions concernées et interdit l'accès aux médias étrangers, empêchant quasiment toute information indépendante en provenance de la capitale du Tibet, Lhassa, et des zones comprenant des communautés tibétaines importantes.
Parallèlement, le régime chinois mène une offensive de communication pour présenter sa propre version des troubles face aux appels au boycott des Jeux. Pékin comptait sur les Jeux pour promouvoir son image internationale.
Des images de manifestants tibétains s'en prenant à des Chinois, ainsi que des critiques de la couverture des médias occidentaux ont été largement diffusées via la télévision, Internet, les courriers électroniques et le site de partage de vidéo YouTube, dont l'accès a été bloqué en Chine.
Les violences les plus importantes se sont produites le 14 mars à Lhassa, quatre jours après le début de manifestations contre le gouvernement chinois. Pékin fait officiellement état de 22 morts, dont 18 civils "innocents", l'agence officielle Xinhua (Chine Nouvelle) ayant rapporté que les corps calcinés d'un bébé de huit mois et de quatre adultes avaient été sortis des décombres d'un garage incendié dimanche dernier à Lhassa. Le gouvernement tibétain en exil fait état de 99 Tibétains tués, 80 à Lhassa et 19 dans la province de Gansu.
L'agence Xinhua assurait dimanche que la vie reprenait son cours normal dans les provinces gagnées par les manifestations de Lhassa. Elle assurait que "plus de la moitié des commerces sur les rues principales" ont rouvert à Aba, dans la province du Sichuan, où le gouvernement a reconnu cette semaine que la police avait ouvert le feu sur des manifestants, faisant quatre blessés. AP
sb/v064/v415
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