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La tension demeure dans les régions peuplées de Tibétains en Chine. De nouveaux affrontements entre protestataires et policiers auraient fait au moins deux morts dans l'ouest du pays, au moment où le ministre chinois de la Sécurité publique, en visite à Lhassa, appelait à une intensification des campagnes d'"éducation patriotique" dans les monastères pour dynamiser le soutien en faveur de Pékin.
Ces nouveaux incidents, rapportés mardi, se sont produits alors que le bilan des soulèvements avancé par le gouvernement tibétain en exil approche désormais les 140 morts, sur fond de polémique quant à un éventuel boycott visant les Jeux olympiques de Pékin.
D'abord pacifique, une marche de moines et de religieuses lundi à Garze, préfecture de la province du Sichuan, a pris une tournure violente lorsque des policiers armés ont tenté de réprimer la foule qui en était venue à compter près de 200 personnes avec l'arrivée d'habitants, a affirmé le Centre tibétain pour les droits de l'Homme et la démocratie installé à Dharamsala, en Inde.
Selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle, des manifestants armés de couteaux et de pierres ont tué un policier. Le Centre tibétain a pour sa part rapporté qu'un moine âgé de 18 ans avait été tué et qu'un autre se trouvait dans un état critique après que les forces de sécurité eurent ouvert le feu en direction des participants.
Ces informations n'ont pu être confirmées dans l'immédiat. Des personnes répondant mardi à des appels téléphoniques passés à la police et à l'administration à Garze ont démenti tout incident.
La région de Garze est limitrophe du Tibet, où plusieurs jours de soulèvement emmenés par des moines contre l'autorité de Pékin à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement de 1959 ont dégénéré le 14 mars à Lhassa. Des manifestations de soutien se sont depuis multipliées dans les provinces alentour.
Dans un communiqué diffusé lundi soir, le gouvernement tibétain en exil a affirmé que près de 140 personnes avaient été tuées, dont 19 dans la province du Gansu, lors des manifestations et dans la répression chinoise, depuis le début des protestations le 10 mars. Le gouvernement chinois évoquait seulement 22 morts à Lhassa.
Les troubles signalés à Garze témoignent de la défiance continue des Tibétains à l'égard des autorités chinoises, une semaine après les interventions militaires de Pékin pour mater le soulèvement, le plus important depuis près de deux décennies.
Meng Jianzhu, le ministre chinois de la Sécurité publique, a ordonné aux forces de sécurité au Tibet de rester en alerte et s'est prononcé pour une amplification des campagnes d'"éducation patriotique" dans les monastères, selon le quotidien "Tibet Daily".
"La clique du dalaï lama refuse de renoncer à ses vils desseins", a accusé M. Meng lundi lors d'une visite à Lhassa, la première d'un haut représentant du gouvernement dans la ville depuis le début des manifestations.
L'agitation dans les rangs du clergé bouddhiste a été imputée en partie aux cours obligatoires d'"éducation patriotique", auxquels les moines reprochent notamment de les obliger à condamner le dalaï lama. En dépit de ces critiques -et des allégations répétées du gouvernement selon lesquelles tous les Tibétains soutiendraient la position du gouvernement chinois-, M. Meng a déclaré que l'opération devait être élargie dans le cadre des efforts destinés à orienter "l'opinion publique dans la bonne direction".
La résistance des Tibétains devant la ligne dure de Pékin a braqué les projecteurs sur la situation prévalant en Chine en matière des droits de l'Homme et déclenché des débats sur des mesures de boycott des JO en août prochain. Lundi, trois membres de Reporters sans frontières, dont le secrétaire général Robert Ménard, ont perturbé la cérémonie d'allumage de la flamme olympique sur le site antique d'Olympie, en Grèce. Mais les médias officiels chinois n'ont pas mentionné ces incidents. "Un début parfait sur la route vers l'or", pouvait-on lire mardi dans le quotidien anglophone "China Daily".
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé mardi que la répression chinoise au Tibet n'était "pas supportable", mais a souhaité sur Europe-1 qu'on ne soit pas "plus tibétain que le dalaï lama" en réclamant l'indépendance de la région ou le boycott des Jeux olympiques de Pékin. AP
cr/v-com/st
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