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actu & culture


LONDRES - mercredi 26 mars 2008 à 09h13

"On a besoin de vous" au sein de l'Europe, lance Sarkozy aux Britanniques



"On a besoin de vous, les Anglais, à l'intérieur de l'Europe", a martelé Nicolas Sarkozy dans un entretien diffusé mercredi matin sur les ondes de la BBC, la radio publique britannique, à quelques heures de l'arrivée du président français pour sa première visite d'Etat à Londres.

"Si vous voulez peser sur les affaires de l'Europe, eh bien!, ayez les deux pieds dans l'Europe", a lancé le président français aux eurosceptiques, nombreux Outre-Manche.

"On a besoin de vous, on a besoin de votre force, on a besoin de votre potentiel, on a besoin de votre dynamisme", a-t-il ajouté, un message qu'il a voulu adresser "à la fois aux Anglais qui aiment l'Europe et aux Anglais eurosceptiques". "Aidez-nous à construire cette Europe différente."

"Qui peut penser que l'on peut construire l'Europe de demain sans la Grande-Bretagne? Qui peut penser que la Grande-Bretagne pourra vivre seule, ignorante de l'Europe qui est à trente kilomètres de son île?", a-t-il interrogé, répondant que "chacun aura(it) besoin de l'autre."

Pour illustrer son message, Nicolas Sarkozy, qui prendra en juillet la présidence tournante de l'Union européenne, a détaillé ses priorités les plus à même de séduire les Anglais. "La première priorité de la présidence française sera un pacte européen pour l'immigration", a-t-il rappelé, citant ensuite la lutte contre le terrorisme, la protection de l'environnement et "la nécessité de la régulation de l'économie de marché", un des sujets chers au Premier ministre britannique Gordon Brown.

"Travaillons ensemble, on sera beaucoup plus forts", a ajouté le président français.

A ses yeux, les relations particulières entre la France et l'Allemagne d'une part et entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ne sont pas un obstacle à la construction européenne. "Je n'ai jamais réduit la politique européenne de la France à la seule amitié avec nos amis allemands. L'axe Paris-Berlin, c'est fondamental mais ce n'est pas suffisant", a-t-il d'abord mis au point, avant de rappeler qu'il est lui aussi "un ami des Etats-Unis d'Amérique".

"Je ne vois pas l'Europe comme une machine à se méfier des Etats-Unis", a-t-il déclaré, "je comprends parfaitement que la Grande-Bretagne veuille garder un lien particulier avec les Etats-Unis". "Cela n'empêche pas la Grande-Bretagne d'avoir toute sa place en Europe", a insisté Nicolas Sarkozy, "vous aussi vous avez des amis à l'Est". Il a même vu une opportunité dans cette proximité: "sur l'économie, est-ce qu'on ne peut pas peser ensemble sur nos amis américains pour que le dollar remonte?"

Enfin, le président français a souhaité proposer "une nouvelle fraternité franco-britannique", "une Entente amicale" dépassant l'Entente cordiale décidée en 1904. "Cela fait suffisamment de temps qu'on ne se dispute plus, on peut peut-être passer de la cordialité à l'amitié", a-t-il jugé, avant de proposer que cette amitié se traduise concrètement, par une coopération sur "l'économie, l'immigration, la sécurité, la défense". "Sur la défense, nous sommes les deux puissances (européennes). Est-ce que nous ne devons pas travailler ensemble?", a-t-il ainsi avancé.

Nicolas Sarkozy arrive ce mercredi à Londres pour une visite d'Etat de deux jours au cours de laquelle il doit prononcer un discours devant la reine Elisabeth II et un autre devant le Parlement. Il rencontrera également le Premier ministre Gordon Brown et participera, avec onze de ses ministres, à un sommet franco-britannique. AP

lp/com/ljg