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actu & culture


BAGDAD - mercredi 26 mars 2008 à 14h05

Bagdad lance un ultimatum aux miliciens chiites de Bassorah



Le Premier ministre irakien a lancé un ultimatum aux milices chiites de Bassorah mercredi, leur laissant jusqu'à vendredi pour déposer les armes. Les combats entre les insurgés et les forces de sécurité ont fait au moins 40 morts et 200 blessés en deux jours dans la grande ville portuaire du sud de l'Irak.

Nouri al-Maliki s'exprimait depuis Bassorah, où il supervise en personne la répression contre la violence qui s'est emparée de la deuxième ville du pays, coeur de l'industrie pétrolière du Sud à 500km de Bagdad, et dont les factions miliciennes rivales se disputent le contrôle.

Dans le même temps, des extrémistes chiites présumés ont tiré roquettes et obus de mortier sur la Zone Verte de Bagdad pour la troisième fois de la semaine. Trois Américains ont été grièvement blessés, selon la porte-parole de l'ambassade. Et au moins quatre Irakiens ont été tués par deux projectiles tombés par erreur sur des quartiers chiites de la capitale.

Cette nouvelle spirale de violence fait craindre que ne s'effondre le cessez-le-feu déclaré à l'été par l'imam extrémiste chiite Moqtada al-Sadr. Si son Armée du Mahdi repartait en guerre pour de bon, cela pourrait menacer les fragiles avancées obtenues dans le pays, et que Washington salue comme le signe que l'Irak, cinq ans après l'invasion, est sur le chemin de son rétablissement.

Les sadristes sont en effet furieux, estimant que les forces américaines et irakiennes ont profité de la trêve pour réprimer leur mouvement. Et accusent leurs rivaux chiites, qui ont la haute main sur les forces de sécurité, d'être les maîtres d'oeuvre de ces vagues d'arrestations. La crise, motivée par une intense lutte pour le pouvoir entre factions politiques chiites rivales, s'est aggravée depuis qu'en février le Parlement a accepté la tenue d'un scrutin provincial d'ici à l'automne.

Dans Bassorah, située non loin de la frontière iranienne, les rues étaient encore en proie mercredi à des fusillades entre les forces gouvernementales et l'Armée du Mahdi. Des renforts étaient en route depuis la ville sainte chiite de Kerbala.

Selon Sadiq al-Rikabi, conseiller de M. Al-Maliki, tous les combattants qui n'auraient pas remis leurs armes à la police de Bassorah d'ici vendredi et signé une renonciation à la violence pourront être arrêtés. "Tout combattant qui ne fait pas cela dans les trois jours sera déclaré hors-la-loi."

La crise constitue également un test pour le gouvernement de Bagdad, alors que les Britanniques restent cantonnés dans leur base et n'interviennent pas, si ce n'est en apportant son aide pour la surveillance aérienne.

En réaction à la répression à Bassorah, l'Armée du Mahdi a aussi repris les attaques à Bagdad et dans d'autres villes: 15 personnes ont été tuées et 100 autres blessées dans les affrontements de Sadr City mardi, selon la police et des responsables hospitaliers.

Et des centaines d'habitants de l'immense quartier populaire chiite de la capitale sont descendus dans la rue mercredi, réclamant l'arrêt des opérations militaires, accusant les forces de sécurité irakienne de s'être "vendues" à l'occupant américain. AP

nc/v/st