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actu & culture


NICOSIE - mercredi 26 mars 2008 à 19h13

L'ONU commence ses préparatifs en vue de l'ouverture d'un point de passage en plein coeur de Nicosie


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Les experts en déminage de l'ONU ont déblayé mercredi la zone-tampon entre les secteurs chypriote-grec et chypriote-turc en plein coeur de Nicosie, en prévision de la prochaine ouverture d'un point de passage hautement symbolique à Ledra Street, dans la dernière capitale divisée d'Europe.

Selon José Luis Diaz, porte-parole de l'UNFICYP, la Force des Nations unies à Chypre, les démineurs ont mené à bien leurs opérations de recherche d'éventuels engins piégés ou mines non-explosées, susceptibles d'être restés dans ce no man's land de maison en ruines depuis l'invasion turque de 1974, qui provoqua la coupure de l'île méditerranéenne en deux.

Une équipe de six démineurs a fouillé le secteur, large de 70 mètres à cet endroit de la zone-tampon, et "aucun objet dangereux n'a été trouvé", selon un communiqué de l'ONU.

Les derniers préparatifs avant l'ouverture devraient prendre encore une dizaine de jours, a ajouté José Luis Diaz.

Le franchissement de la "Ligne verte" dans le centre de Nicosie s'effectuait jusqu'à présent, pour les piétons, par un seul check-point, celui du Ledra Palace, à l'extérieur des remparts de la vieille ville, depuis l'ouverture de la Ligne en 2003.

Ledra Street, artère commerçante principale de Nicosie au coeur de la vieille ville avait été coupée en deux par des barbelés en 1964, lors des affrontements entre les communautés grecque et turque de l'île. La séparation a été renforcée en 1974, après l'intervention des forces d'Ankara suite à un coup d'Etat des partisans du rattachement de Chypre à la Grèce. L'armée turque est présente depuis lors dans la partie nord de Chypre, la République turque de Chypre-Nord (RTCN, reconnue uniquement par Ankara).

Depuis 1974, Ledra Street, artère piétonne très fréquentée des deux côtés du "mur" qui la coupe en deux, est devenue le symbole de la division de Chypre. Le "mur" a été récemment remplacé par une barrière mobile, et son ouverture été décidée vendredi dernier lors de la premier rencontre entre le nouveau président de la République de Chypre Dimitris Christophias et le dirigeant chypriote-turc Mehmet Ali Talat.

Un signe de bonne volonté avant la reprise concrète des pourparlers sur la réunification de l'île, où les négociations étaient gelées depuis 2004 et le rejet par les Chypriotes-grecs du plan Annan pour la réunification, adopté par les Chypriotes-turcs.

Selon des responsables proches des discussions s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, l'armée turque a accepté d'éloigner ses patrouilles du futur passage de Ledra Street, la Garde nationale de la République de Chypre se repliant également à bonne distance. Actuellement, les soldats des deux camps gardent les check-points.

En outre, les négociateurs ont décidé mercredi de mettre rapidement sur pied 13 groupes d'experts pour des rencontres exploratoires sur des questions aussi diverses que la sécurité, le territoire, la criminalité et la santé. Ils auront jusqu'à juin pour avancer autant que possible sur ces dossiers, avant le début des entretiens directs Talat-Christofias.

Selon un communiqué de l'ONU, les parties ont également accepté de créer des groupes d'experts supplémentaires si besoin, afin que les pourparlers directs puissent être "aussi efficaces que possible".

De son côté, le chef d'état-major de l'armée d'Ankara Yasar Buyukanit, en visite officielle en RTCN, a juré que les soldats turcs resteraient dans l'île le temps qu'un accord de réunification soit signé pour une "paix juste et durable". Le gouvernement chypriote a condamné cette visite, qualifiée de "provocation". AP

nc/v