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'île d'Anjouan aux Comores, sera jugé samedi en comparution immédiate devant le tribunal de Saint-Denis de La Réunion, a-t-on appris vendredi auprès du procureur de la République de Saint-Denis François Muguet.
Le colonel Bacar sera présenté à la barre du tribunal correctionnel avec 22 autres militaires qui l'ont accompagné dans sa fuite de l'île d'Anjouan. Tous ont été mis en examen pour "entrée irrégulière sur le territoire français et infractions à la législation sur les armes de guerre: importation, transport et détention", a précisé le procureur, ajoutant que "la peine encourue est de cinq ans".
Le président d'Anjouan a pris la fuite vers Mayotte mardi dernier après avoir été délogé par une opération militaire de l'Union africaine. Jeudi, des forces militaires de La Réunion sont allées prêter main forte aux autorités de Mayotte, avec pour mission de ramener Mohamed Bacar en Transall pour qu'il soit remis entre les mains de la justice. Dès son arrivée sur le sol réunionnais dans la nuit de jeudi à vendredi, le colonel et 22 militaires ont été placés en garde à vue à Saint-Denis.
Le choix de la comparution immédiate de ces 23 hommes s'est imposé pour "satisfaire à la fois à la demande légitime des autorités des Comores et des autorités françaises" en vue de participer "au rétablissement de la paix publique à Mayotte", a expliqué à l'Associated Press François Muguet.
Jeudi soir, à Mayotte, le transfert du colonel Bacar vers La Réunion a provoqué de violentes manifestations faisant plusieurs blessés.
Les comparutions immédiates devraient débuter à 11h (7h GMT) samedi matin. Mohamed Bacar pourra cependant "demander un délai supplémentaire de quinze jours au tribunal" pour préparer sa défense, a ajouté le procureur.
La demande d'asile politique formulée par le colonel Bacar "ne me concerne pas. Ça ne rentre pas en ligne de compte", a encore précisé François Muguet. Le procureur suit la procédure puisqu'il assure également ne pas avoir "de mandat d'arrêt de la part des Comores sur son bureau".
Le ministre français de la Défense Hervé Morin a déclaré vendredi que des discussions étaient engagées sur une possible extradition du colonel Mohamed Bacar, ex-homme fort d'Anjouan.
Interrogé sur une possible extradition de Mohamed Bacar, M. Morin a répondu sur France Inter: "on verra bien". "M. Bacar est à La Réunion et maintenant des discussions sont engagées."
L'absence de traité d'extradition entre la France et l'Union des Comores "n'empêche pas juridiquement d'extrader un Comorien", a pour sa part précisé le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay Frédéric Désagneaux, interrogé par l'Associated Press. Selon lui, "il faut d'abord s'assurer qu'il a bien déposé une demande d'asile". S'il l'a fait, "son cas sera examiné par l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides)", chargé de l'exécution des accords intéressant la protection des réfugiés en France, notamment la Convention de Genève.
M. Morin a par ailleurs affirmé que l'intervention des troupes de l'Union africaine aux Comores pour chasser d'Anjouan le colonel putschiste et ses fidèles "correspond à ce que souhaite la France". "La France souhaite que les Africains prennent en main les conditions de leur stabilité, les opérations de maintien de la paix", a-t-il rappelé.
L'Union africaine a lancé mardi l'opération "Démocratie aux Comores" destinée à chasser le colonel Bacar. Le gouvernement comorien n'a pas reconnu la réélection en mai 2007 de l'homme fort d'Anjouan, qui avait pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat en 2001 avant d'être élu président en 2002. Bacar revendiquait depuis l'indépendance de l'île de l'Union comorienne, ancienne colonie française. AP
xnau/se/ll/tl
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