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"Amis, travaillons ensemble". C'est le message délivré à la Grande-Bretagne par le président français Nicolas Sarkozy à l'occasion d'une intense offensive de charme menée, dans le cadre fastueux du protocole royal, pendant deux jours d'une visite d'Etat riche sur le plan symbolique mais qui aura apporté peu de résultats concrets.
"Je suis venu proposer au peuple britannique (...) une nouvelle fraternité franco-britannique", a répété le président de la République, plaidant pour que l'"Entente cordiale" en vigueur depuis 1904 cède la place à une "Entente fraternelle" capable de changer le monde. "Si vous le souhaitez, ce sera une 'Entente formidable'", lui a répondu, emballé, le Premier ministre britannique Gordon Brown lors d'une conférence de presse commune.
Malgré cet élan d'enthousiasme et leurs très bonnes relations personnelles, les deux dirigeants n'ont pas présenté d'accords à la hauteur de ceux qui avaient été suggérés. Ils ont tout de même affiché leur volonté commune de travailler à la réforme des institutions internationales, par l'ouverture du G8 ou du Conseil de sécurité des Nations unies à de nouveaux membres. Ils se sont aussi engagés à travailler à une plus grande transparence et une meilleure stabilité des marchés financiers, ce qui pourrait passer par une réforme du Fonds monétaire international.
Paris et Londres ont promis de coopérer pour mettre en place un "système d'assurances pour le combustible nucléaire pour réduire les risques de prolifération". En matière de défense, il a été aussi question de la mise en place d'une "capacité de frappe maritime combinée", mais Nicolas Sarkozy n'a pas annoncé formellement l'envoi de renforts en Afghanistan. Parallèlement, le groupe EADS a fait savoir qu'il avait signé un accord pour le ravitaillement en vol des avions de l'armée de l'air britannique, pour 27 ans et près de 17 milliards d'euros.
En matière d'immigration, sujet que Nicolas Sarkozy a mis en avant pour tenter de convaincre l'opinion britannique, les deux dirigeants ont simplement convenu de renforcer les contrôles sur les côtes de la Manche.
Nicolas Sarkozy et Gordon Brown se sont engagés à se voir plus souvent: ce sera tous les six mois, avec des consultations avant les grands rendez-vous internationaux, a annoncé Gordon Brown. Ce dernier n'a pas détaillé plus avant ce pacte, qui ressemble à celui scellé entre Paris et Berlin.
Aux yeux de Nicolas Sarkozy, "le moteur franco-allemand (...) n'est plus suffisant" et doit être appuyé par d'autres initiatives. Se voulant rassurant sur ce "changement de stratégie", le président a assuré que la collaboration avec l'Allemagne, qui traverse une période d'intenses turbulences, restait "indispensable" et que "l'alliance solide" proposée à Londres était "d'autant plus solide qu'elle ne se construit contre personne".
Nicolas Sarkozy a souhaité que les Britanniques, plutôt eurosceptiques, s'engagent plus étroitement dans l'Union européenne. "Vous serez plus efficaces pour la changer en étant les deux pieds à l'intérieur que les deux pieds dehors", a-t-il insisté, sans pour autant s'attarder sur les dossiers qui fâchent comme "la question agricole" et celle du budget de l'Union. "Eh bien, on va se parler", a-t-il minimisé. Quant au traité de Lisbonne, dont la ratification suscite un féroce débat en Grande-Bretagne, il est "imparfait", a reconnu M. Sarkozy, qui présidera l'Union au second semestre, "mais il met fin pour longtemps à des affrontements du passé".
La visite a été marquée par un accueil grandiose, avec en points d'orgue une promenade en carrosse royal et un somptueux dîner aux chandelles dans la grande salle du château de Windsor, la résidence préférée de la reine Elizabeth II, où le couple présidentiel a eu le privilège de passer la nuit. "Mon épouse et moi-même, nous n'oublierons pas cette visite", a chaleureusement remercié Nicolas Sarkozy, visiblement impressionné.
Il semblait en tout cas exclu que la Grande-Bretagne oublie son épouse Carla. Observée à chaque instant, l'ancien mannequin, toujours prompte à prendre la pause, a séduit par son charme et ses tenues, mais surtout par sa retenue. "Sarkozy tente de nous séduire, mais c'est Carla que tout le monde aime", résumait le "Daily Telegraph" de jeudi. AP
lp/cov/nc
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