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Les électeurs zimbabwéens se sont rendus aux urnes samedi pour des élections présidentielle et générales qui constituent un test majeur pour le président Robert Mugabe, accusé par l'opposition de préparer une nouvelle fraude électorale.
Le scrutin s'est déroulé sans incident majeur, les électeurs faisant souvent la queue pendant des heures devant les bureaux de vote. Les observateurs africains ont cependant fait état de leur doute concernant des milliers de noms inscrits sur les listes officielles.
Au pouvoir depuis 28 ans, Robert Mugabe a repoussé toute accusation de fraude.
"Je ne pourrais pas dormir avec la conscience tranquille s'il y a de la triche", a-t-il assuré après avoir voté et promis de respecter les résultats, quels qu'ils soient. "Si vous perdez une élection et êtes rejeté par le peuple, il est temps de quitter la politique".
Les premiers résultats partiels sont attendus lundi. Si aucun des candidats ne dépasse les 50% des voix, un second tour devra avoir lieu.
Un observateur du Parlement panafricain a déclaré que les plus longues files d'attentes à Harare, la capitale, se trouvaient devant un bureau de vote adjacent à un terrain vague -où 8.450 personnes ont été inscrits comme habitants. Se prononçant sous le couvert de l'anonymat, il a montré une lettre envoyée à la Commission électorale demandant des explications.
L'opposition du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), menée par le candidat Morgan Tsvangirai, a de son côté noté la lourde présence policière autour des bureaux de vote, affirmant que les forces de l'ordre, censées officiellement venir en aide aux analphabètes, exerçaient des pressions sur les électeurs. Elle a également déclaré que des milliers d'électeurs avaient été renvoyés chez eux, leur nom n'apparaissant pas sur les listes, alors que ces dernières regorgeaient de faux électeurs, décédés ou fictifs.
Quelque 5,9 millions d'électeurs inscrits étaient appelés à se rendre dans les 9.000 bureaux de vote pour élire, outre le président, 210 députés, 60 sénateurs et 1.600 conseillers municipaux. C'est la première fois que les Zimbabwéens votent sur une seule journée.
Le pouvoir a interdit la présence d'observateurs internationaux américains et européens pour le scrutin de samedi, ainsi que celle de nombre de médias étrangers.
Robert Mugabe, 84 ans, fait face à la contestation la plus importante depuis son arrivée au pouvoir dans la foulée de la guerre d'indépendance de sept ans qui mit fin à la domination de la minorité blanche de l'ex-Rhodésie britannique en 1980.
Sur fond d'effondrement total de l'économie du pays, l'autocrate est confronté au vétéran de l'opposition Morgan Tsvangirai, 55 ans, mais aussi à son ancien ministre des Finances et responsable du parti au pouvoir la ZANU-PF Simba Makoni, 58 ans, passé à la dissidence.
Alors que le président Mugabe a rejeté toute accusation de fraude, Morgan Tsvangirai a, lui, fait part de sa confiance. "La victoire du peuple est assurée", a-t-il déclaré.
La tension est montée d'un cran vendredi lorsque l'armée, équipée de blindés et de canons à eau, s'est déployée en force dans les rues de la capitale Harare et que les responsables de la sécurité ont mis en garde contre d'éventuelles violences. AP
jp-mgh/v376
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