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actu & culture


SAINT-DENIS DE LA REUNION - samedi 29 mars 2008 à 14h05

Réunion: arrêté de reconduite à la frontière pour Mohamed Bacar et ses hommes



'encontre de Mohamed Bacar, le président déchu de l'île d'Anjouan, et 22 hommes de sa garde rapprochée. Le préfet de Saint-Denis a aussitôt pris un arrêté de reconduite à la frontière à l'encontre des 23 hommes, qui ont été conduits dans un bâtiment militaire sous surveillance de la gendarmerie.

Comme le colonel et ses hommes sont susceptibles de déposer une demande d'asile, le préfet Pierre-Henry Maccioni a également indiqué avoir décidé une assignation à résidence administrative, qui permettra à l'OFPRA d'examiner ces éventuelles demandes.

Le colonel Bacar et 22 autres militaires qui l'ont accompagné dans sa fuite de l'île d'Anjouan avaient été présentés devant le tribunal correctionnel pour y être jugés en comparution immédiate pour "entrée irrégulière sur le territoire français et infractions à la législation sur les armes de guerre: importation, transport et détention".

Peu avant 16h, le tribunal correctionnel de Saint-Denis a annulé l'ensemble de la procédure pour vice de forme. Les juges ont retenu l'argument de la défense, représentée par Me Marie Briot, qui soulevait la nullité de la prolongation de la garde à vue des 23 hommes dans la nuit de vendredi à samedi, faute de nouveaux actes réalisés pour les besoins de l'enquête.

Officiellement relaxés, Mohamed Bacar et les 22 militaires ont été ensuite embarqués dans des cars de police sous les huées d'une soixantaine de manifestants comoriens. "Assassins!", "Mascarade judiciaire!" scandait la foule. "Nous voulons que Mohamed Bacar soit renvoyé et jugé aux Comores", expliquait l'une des manifestantes, Amina Housseine.

Le président d'Anjouan a pris la fuite vers Mayotte mardi dernier après avoir été délogé par une opération militaire de l'Union africaine. Jeudi, des forces militaires de La Réunion sont allées prêter main forte aux autorités de Mayotte, avec pour mission de ramener Mohamed Bacar en Transall pour qu'il soit remis à la justice. Dès leur arrivée sur le sol réunionnais dans la nuit de jeudi à vendredi, le colonel et 22 militaires avaient été placés en garde à vue à Saint-Denis.

L'Union africaine a lancé mardi l'opération "Démocratie aux Comores" destinée à chasser le colonel Bacar. Le gouvernement comorien n'a pas reconnu la réélection en mai 2007 de l'homme fort d'Anjouan, qui avait pris le pouvoir lors d'un coup d'Etat en 2001 avant d'être élu président en 2002. Mohammed Bacar revendiquait depuis l'indépendance de l'île de l'Union comorienne, ancienne colonie française. AP

xnau/sb/mw