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Une nouvelle manifestation s'est déroulée samedi à Lhassa, à l'heure où des diplomates étrangers achevaient une visite organisée dans la région par des autorités cherchant à prouver que le calme y règne et à apaiser les critiques internationales sur sa répression au Tibet.
De son côté, en Inde, le Dalaï lama a haussé le ton, affirmant que "l'agression démographique" née de l'installation d'un nombre croissant de Chinois non-tibétains au Tibet menaçait sa terre d'une "forme de génocide culturel".
Selon Kate Saunders de la Campagne internationale pour le Tibet, basée à Washington, la manifestation a commencé en début d'après-midi au monastère de Ramoche, là d'où étaient parties les premières manifestations le 14 mars. Radio Free Asia a précisé que des centaines de personnes y participaient et, selon un témoin non identifié, des échanges de coups de poing ont eu lieu.
"Les gens couraient dans tous les sens, c'était une grande manifestation et les gens hurlaient", a rapporté un autre témoin. Selon le site Web du gouvernement tibétain en exil, le temple de Jokhang, l'un des plus importants de Lhassa, a aussi été le théâtre d'une manifestation.
Quelques heures plus tard, selon Kate Saunders, la situation s'était calmée et les principaux sites avaient été bouclés par les forces de l'ordre, sans qu'il y ait cependant d'arrestations ou de violences graves.
Pékin veut ramener le calme le plus vite possible après les émeutes qui ont braqué les projecteurs internationaux sur ses méthodes en matière de droits de l'Homme, à l'heure où la Chine attend beaucoup des Jeux olympiques de l'été pour son image.
A cet effet, les autorités ont promis de compenser les victimes: selon l'agence Chine nouvelle, qui cite le gouvernement régional chinois du Tibet, les familles de 18 personnes tuées dans les émeutes recevront 28.500 dollars chacune. Les blessés seront soignés gratuitement et les propriétaires de maisons et boutiques endommagées recevront des aides à la reconstruction.
Pékin avance un bilan de 22 morts dans ces émeutes qui ont secoué à la mi-mars les communautés tibétaines, au Tibet mais aussi dans tout l'ouest chinois. Selon les organisations de défense des droits de l'Homme, le bilan réel serait d'au moins 140 morts.
Dans le même temps, un groupe de 15 diplomates étrangers, américains, britanniques, européens et japonais reprenait l'avion pour Pékin après deux jours passés à Lhassa sous étroite surveillance des autorités chinoises. Les visiteurs sont repartis sans avoir vu de manifestation.
Selon l'ambassade américaine, les diplomates ont parcouru des quartiers dévastés de Lhassa et rencontré des personnes sélectionnées par les autorités chinoises, parfois même en leur présence: "La délégation n'a pas été autorisée à circuler librement à Lhassa et n'a pas pu avoir eu des conversations sans supervision avec les habitants", poursuit le communiqué américain.
Ce voyage sous tutelle intervient après un premier déplacement de même type organisé lui pour les journalistes étrangers à Lhassa: la tentative officielle de montrer que l'ordre régnait au Tibet a été réduite à néant par l'irruption d'une trentaine de moines bouddhistes, en larmes et accusant les autorités de mensonge et de violer les libertés religieuses.
Pékin accuse les partisans du Dalaï lama d'avoir orchestré ces manifestations anti-chinoises, les plus importantes depuis 1989. Samedi, le chef spirituel tibétain, depuis son exil indien, a accusé Pékin d'"agression démographique", en encourageant l'immigration au Tibet des Hans, l'ethnie majoritaire en Chine.
Aujourd'hui, a-t-il expliqué, 100.000 Tibétains vivent à Lhassa, capitale historique du Tibet, contre deux fois plus de Chinois, principalement des Hans. Et selon lui, un million de personnes supplémentaire devraient immigrer au Tibet après les JO. Le Dalaï lama n'a pas précisé d'où il tenait cette information.
Qualifiant la Chine d'Etat quasi-policier "régi par la terreur", le Dalaï lama a également estimé qu'elle risquait d'être déstabilisée par ses méthodes au regard des libertés: "La Chine paraît stable, mais sous une épaisse couche de ressentiment", a-t-il déclaré. AP
nc/v0/mw
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