Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
L'Afghanistan risque une nouvelle fois de vampiriser le sommet de l'OTAN, qui s'ouvre mercredi à Bucarest, mais d'autres sujets, comme la poursuite de l'élargissement à l'Est et les relations avec la Russie, rappellent que l'Alliance doit à la fois affronter de vieilles menaces et s'adapter à un monde bien différent de celui de l'après-Deuxième Guerre mondiale.
Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, assure que l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord n'a pas vocation à jouer les "gendarmes du monde", mais le fait est que son terrain d'action s'est étendu au fil des années: en Afghanistan contre Al-Qaïda et les talibans, au Kosovo pour maintenir la paix entre Albanophones et Serbes, ou plus discrètement en Irak contre la violence et dans la traque des criminels de la guerre de Bosnie.
"Les fardeaux qui pèsent sur l'OTAN sont plus lourds que jamais", constatait récemment le général De Hoop Scheffer, jugeant "urgent" "d'avoir une vision stratégique claire" et de répondre à la question: "Quelle OTAN voulons-nous pour les années à venir?" L'une des pistes semble être: une Alliance plus large, au moins pour faire en sorte qu'elle demeure ce que son patron appelle "une police d'assurance militaire".
Avec 26 Etats membres aujourd'hui, l'organisation politico-militaire a déjà quasiment doublé de taille depuis la chute du Mur de Berlin en 1989. Neuf anciens pays du bloc soviétique ont rejoint ses rangs, repoussant ses frontières aux portes de la Russie qui continue de militer contre l'élargissement à l'Est. Et la volonté des Etats-Unis et d'autres pays d'intégrer désormais la Géorgie et l'Ukraine n'est pas pour apaiser les tensions avec Moscou.
Ces dernières sont en outre largement alimentées par la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo soutenue par Washington et la plupart des pays de l'Union européenne, ainsi que le projet américain d'installation d'un bouclier anti-missile en République tchèque et en Pologne -deux anciens satellites de l'URSS. L'OTAN dispose d'une force de 16.000 hommes au Kosovo.
Certains pays comme la France et l'Allemagne souhaitant ménager la Russie, l'OTAN a invité le président russe Vladimir Poutine et son successeur-élu Dimitri Medvedev au dernier des trois jours de son sommet roumain.
Pour Stanley Kober, chercheur au Cato Institute, organisation de réflexion libérale radicale, l'OTAN doit surtout relever le défi de l'internationalisation du terrorisme. "Pendant la Guerre froide, quand on tenait tête aux russes, ils reculaient, mais nos ennemis d'aujourd'hui n'ont pas peur de nous, ils continuent à venir", estime-t-il, "et l'histoire montre que les alliances (...) finissent toutes par un divorce".
Lors du sommet, l'OTAN devrait proposer officiellement à la Croatie, l'Albanie et peut-être la Macédoine de rejoindre l'Alliance. Mais l'Afghanistan, dont le président Hamid Karzaï a été invité à Bucarest, devrait voler la vedette aux autres dossiers.
Les commandants de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN en Afghanistan, qui comprend 47.000 militaires, demandent en effet des renforts de troupes dans le Sud pour lutter contre l'insurrection des talibans.
Les combats sont surtout dévolus aux Américains, qui représentent un tiers environ de la force, ainsi qu'aux Canadiens, Britanniques et Néerlandais. Les contingents français, espagnol, allemand, italien et turc oeuvrent dans des régions plus tranquilles.
Mais l'Australie, qui a fourni un millier d'hommes bien qu'elle ne soit pas membre de l'OTAN, exige que l'Alliance élabore un nouveau plan de bataille précisant les étapes vers la victoire. Et le Canada demande aussi des renforts pour ses 2.500 militaires déployés dans la province de Kandahar, en échange de son engagement au-delà de 2011. Quant à certains nouveaux-venus dans l'OTAN, ils rencontrent des difficultés simplement pour déplacer leurs troupes et hélicoptères.
D'une façon générale, Washington demandera un effort supplémentaire à ses alliés. "Quel que soit le vainqueur (à l'élection présidentielle américaine), même si c'est un démocrate, le nouveau président demandera aux pays d'en faire davantage pour partager le fardeau", estime Julianne Smith, du Centre d'études stratégiques et internationale à Washington.
A Bucarest, l'Allemagne devrait pour sa part demander que le prochain sommet, qui sera celui du 60e anniversaire de l'Alliance, soit organisé pour la première fois dans deux villes en même temps, à Strasbourg, dans l'est de la France, et du côté allemand de la frontière, à Kehl. AP
st/v/tl
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|