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actu & culture


WASHINGTON - lundi 07 avril 2008 à 16h39

L'audition de David Petraeus replace l'Irak au coeur de la campagne



Le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, témoignera mardi au Congrès, l'occasion pour les prétendants à la Maison Blanche John McCain, Barack Obama et Hillary Clinton d'affirmer leur position sur la guerre en Irak. De son côté, l'équipe de l'ancienne First Lady connaît un nouveau couac avec la démission de son principal stratège.

Le sénateur républicain John McCain estime que les Etats-Unis ne font plus face à "l'abîme de la défaite" en Irak, selon le texte du discours qu'il devait prononcer lundi au Musée national de la première guerre mondiale, à Kansas City. Il devait aussi évoquer une forte baisse de la violence en Irak: de juin 2007 à mars 2008, les violences ont chuté de 90% et les pertes civiles et des forces de la coalition de 70%, souligne le texte de son allocution.

M. McCain et les sénateurs démocrates Hillary Clinton et Barack Obama, qui se disputent l'investiture de leur parti pour la présidentielle du 4 novembre, siègent dans des commissions du Sénat devant lesquelles David Petraeus doit être auditionné mardi: M. McCain et Mme Clinton dans la commission des forces armées et M. Obama dans celle des relations extérieures.

Le témoignage du général Petraeus devrait préfigurer la stratégie irakienne de l'administration Bush pour les mois à venir et avoir des répercussions sur la campagne électorale.

Le conflit irakien, désapprouvé par une majorité d'Américains et qui divise démocrates et républicains, a déjà coûté aux Etats-Unis 4.000 hommes et près de 500 milliards de dollars (318 milliards d'euros) en cinq ans. "Globalement, c'est un succès remarquable (mais) avec des défis importants à venir", a déclaré M. McCain récemment à propos du renforcement du contingent américain l'an dernier.

Les deux prétendants démocrates sont sur une tout autre ligne. "Il est temps de mettre fin à cette guerre le plus rapidement et de la manière la plus responsable possible", a déclaré Mme Clinton le mois dernier, expliquant que la stratégie actuelle n'a pas atteint ses objectifs.

M. Obama souhaite également une fin rapide de la guerre. "Nous n'avons toujours pas de réponse satisfaisante à la question posée (...) la dernière fois que le général Petraeus a été auditionné: comment cet effort en Irak a-t-il renforcé notre sécurité et comment pouvons-nous penser qu'elle renforcera notre sécurité sur le long terme?"

David Petraeus devrait évoquer une amélioration de la situation sécuritaire et des progrès politiques plus modestes depuis l'envoi des renforts. Et affirmer que les autorités américaines pourront continuer à procéder à des retraits limités de troupes cet automne si elles estiment que cela ne compromet pas la sécurité sur le terrain, mais pas avant.

Avant son témoignage, les républicains mettent l'accent sur les signes de progrès alors que les démocrates préfèrent pointer les problèmes. Selon les sondages, une majorité d'Américains pensent que leur pays n'aurait pas dû mener la guerre en Irak; plus de la moitié pensent que la guerre tourne mal et que la stratégie de renforcement des troupes n'a pas amélioré les choses; et près de 50% estiment que le maintien d'un nombre important de GI en Irak serait acceptable seulement pour une année supplémentaire.

Quelque 56% des Américains se disent aussi confiants dans la capacité de John McCain à gérer le dossier irakien, mais ses deux rivaux démocrates obtiennent à peu près les mêmes scores. Le sénateur de l'Arizona soutient résolument la stratégie de l'administration Bush et veut donner plus de temps à l'armée pour atteindre ses objectifs.

Le candidat républicain devrait utiliser l'audition de David Petraeus, qu'il considère comme l'un des plus grands généraux de l'histoire des Etats-Unis, et l'évocation des progrès sécuritaires accomplis depuis un an pour appeler à maintenir le cap.

De leur côté, Barack Obama et Hillary Clinton devraient souligner le peu d'avancées politiques et économiques en Irak pour étayer leur demande de nouvelle stratégie. Et souligner également le coût humain et financier d'un conflit, qui a selon eux été mal géré depuis le début et a constitué une diversion par rapport à la lutte contre le terrorisme.

Par ailleurs, Mme Clinton a écarté de son équipe son expert en sondages et haut stratège Mark Penn, qui a démissionné de son poste dimanche après la révélation d'une rencontre avec des représentants du gouvernement colombien pour les aider à promouvoir un accord de libre-échange auquel la candidate à l'investiture démocrate est opposée. Il s'agit du deuxième remaniement de l'équipe de la sénatrice de New York en moins de deux mois. AP

lma/v/nc




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