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Les 30 membres d'équipage, dont 22 Français, du "Ponant" sont libres. Libérés après le versement vraisemblable d'une rançon par l'armateur vendredi matin, ils devraient retrouver leurs familles dimanche soir, alors que six pirates somaliens ont été capturés par l'armée française, qui a récupéré au passage "une partie" de l'argent versé.
Reçu à l'Elysée avec les familles de 22 Français pris en otages depuis une semaine au large de la Somalie, le représentant de l'armateur du voilier de croisière a refusé de confirmer le versement d'une rançon. "Il ne faut retenir que le résultat, c'est-à-dire des gens d'équipage qui vont pouvoir rentrer dans leurs familles", a déclaré Jean-Emmanuel Sauvée, directeur général de la Compagnie des Iles du Ponant, propriétaire du navire.
"C'est l'armateur qui a payé. Il a payé la rançon", a néanmoins assuré Céline, membre des familles, qui n'a pas voulu donner son nom. "On ne sait pas combien ils ont payé et, à la limite, on ne veut pas le savoir", a ajouté Karim Meghoufel, dont le beau-frère était "chef pâtissier sur le bateau".
Il a précisé que les familles n'avaient encore eu aucun contact avec les ex-otages, qui naviguaient vers Djibouti à bord d'un navire de l'armée française. Mais Nicolas Sarkozy "nous a dit que dimanche dans la nuit on devrait normalement pouvoir (les) retrouver", a dit M. Meghoufel.
Après leur avoir détaillé les circonstances de l'opération de libération, le chef de l'Etat a posé au milieu des proches des ex-otages sur le perron de l'Elysée, avant de les quitter sous leurs applaudissements.
Nicolas Sarkozy avait annoncé lui-même vendredi matin la libération "sans incident" des 30 membres d'équipage du voilier, dont 22 Français, six Philippins et un Ukrainien. "Le Ponant" est un des trois navires de croisière de luxe de la Compagnie des Iles du Ponant, une filiale du groupe CMA-CGM.
Ce dernier a confirmé dans un communiqué que l'ensemble de l'équipage du bateau avait été "libéré sans incident" dans la matinée. Expliquant avoir "collaboré étroitement avec le gouvernement" pour la libération des otages et soulignant que leur sécurité avait été sa "priorité absolue", le groupe CMA-CGM a souhaité remercier le président Nicolas Sarkozy, les ministres concernés et les forces armées françaises.
Le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, a détaillé l'opération lors d'une conférence de presse. Selon lui, une négociation -par radio- s'est d'abord déroulée entre la CMA-CGM et les pirates. "Il appartiendra à l'armateur de révéler, s'il le souhaite, la nature de cette négociation", a-t-il ajouté.
L'opération de libération, lancée vers 11h, "a pris de l'ordre d'une petite heure" selon lui. Une fois les otages, parmi lesquels figuraient sept femmes, en sécurité sur la frégate Jean-Bart, l'armée française a repéré, puis intercepté lors d'une action héliportée en territoire somalien un "véhicule isolé" dans lequel se trouvaient six des pirates somaliens, c'est-à-dire la moitié du commando.
Selon le gouverneur de la région, Dahir Abdulqadir, "au moins huit personnes ont été tuées" lors de l'intervention de l'armée française, ce que l'Elysée a "démenti catégoriquement" vendredi.
Nicolas Sarkozy avait donné pour instruction de procéder à "une interception et non pas une pulvérisation" des pirates, a précisé le chef d'état-major des armées, qui a affirmé que seuls des "tirs de sommation" avaient eu lieu.
"Nous avons, avec une Gazelle et des tireurs d'élite, stoppé le véhicule en détruisant son moteur", a-t-il précisé. Les pirates "se sont rendus sans trop de difficultés". "Nous avons souhaité que ce genre d'opération (de piraterie) ne puisse rester impuni", a-t-il expliqué. Les six pirates sont détenus sur le Jean-Bart et "seront remis à la justice française".
L'opération s'est déroulée sur le territoire somalien, avec l'accord de son gouvernement, à une dizaine de kilomètres à l'intérieur des terres.
Au passage, "nous avons aussi récupéré quelques sacs intéressants", a glissé le général Georgelin. Ils contenaient "une partie de la rançon qui a probablement été versée" par l'armateur, selon lui. Le général a en tout cas assuré qu'il "n'y a eu strictement aucun argent public versé dans cette affaire".
Le conseiller diplomatique du chef de l'Etat, Jean-David Levitte, a annoncé dans la foulée que la France allait proposer à ses partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU de prendre des mesures contre une piraterie qui est "une vraie menace sur la sécurité maritime", avec 3.200 marins pris en otages, dont 500 blessés et 160 tués, depuis dix ans. "C'est un vrai problème de sécurité internationale", a-t-il souligné. Ainsi, il serait "souhaitable que les Etats qui en ont les moyens se déclarent volontaires pour participer à l'organisation de patrouilles maritimes dans les eaux où les pirates se sont multipliés au cours des vingt dernières années". AP
co/mw/cr/com
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