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actu & culture


PARIS - vendredi 18 avril 2008 à 11h59

Climat: Sarkozy exhorte les pays riches à sortir de leurs "positions défensives"



Nicolas Sarkozy a exhorté vendredi les pays riches à sortir de leurs "positions défensives" dans les négociations sur le changement climatique et à parvenir à un accord avant la fin 2009, lors d'une réunion des représentants des 16 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre.

"Il y a urgence (...) et cette urgence doit nous conduire à sortir de positions défensives", a déclaré le président français lors de la troisième rencontre des "économies majeures" sur l'énergie et le climat. Il s'exprimait devant les représentants des chefs d'Etat et de gouvernement des 16 principales économies du monde, réunis pendant trois jours à Paris pour contribuer aux travaux de la convention des Nations unies sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Les 16 pays représentés (G8, Australie, Corée du Sud, Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Mexique) totalisent 80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Rappelant l'enjeu, "la survie de la planète", le président français, qui a fait de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité de son quinquennat, a souhaité un accord "au plus tard fin 2009 à la conférence des Nations unies de Copenhague". "Nous n'avons pas beaucoup de temps", a-t-il martelé, en faisant valoir que "les scénarios les plus sombres des experts sont en train de se réaliser", notamment avec la fonte des glaces dans l'Antarctique.

Nicolas Sarkozy a fait le lien entre la crise du Darfour et le réchauffement climatique. "Si nous continuons dans cette direction, les changements climatiques encourageront des migrations de population qui n'ont plus rien, vers des territoires où les populations n'ont pas grand chose, et la crise du Darfour ne sera qu'une crise parmi des dizaines d'autres", a-t-il mis en garde.

Le président français a donc invité chaque pays développé à "prendre sa part" en acceptant "des contraintes plus fortes que celles des pays en développement pour lesquels la poursuite d'une croissance rapide constitue un impératif". "Le niveau d'engagement de chaque pays devra être respecté et vérifié par des mesures concrètes et quantifiables", a-t-il lancé. "Notre objectif est de réduire les émissions de la planète, pas de les déplacer d'un pays vers l'autre."

Le message s'adressait d'abord aux Etats-Unis, à l'origine de ces réunions des "économies majeures". Nicolas Sarkozy n'a pas commenté l'engagement pris mercredi par George W. Bush de stabiliser les émissions américaines de gaz à effet de serre en 2025. Brice Lalonde, l'ambassadeur français chargé des négociations sur le changement climatique, a jugé "un peu tardif" le réveil de l'administration américaine.

Nicolas Sarkozy a assuré que la France et l'Europe "donneront l'exemple". Il a confirmé à cet égard que le paquet énergie climat, qui permettra à l'Union européenne de réduire de 20% ses émissions d'ici à 2020 par rapport à 1990, sera une des priorités de la présidence française de l'Union européenne. L'Union européenne s'est engagé à porter cet effort à 30% si ses partenaires accomplissent un effort comparable, a rappelé le président français.

L'hôte de l'Elysée a aussi mis en avant le travail réalisé en France dans le cadre du Grenelle de l'environnement, en rendant hommage à son ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, qui a "mené d'une main de maître" ces travaux. Il n'a en revanche pas prononcé le nom de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qu'il a obligée la semaine dernière de s'excuser pour avoir dénoncé la "lâcheté" de la majorité dans le débat sur les OGM.

Le combat pour le développement durable "nous pose des problèmes y compris avec nos propres amis, notre propre majorité, ce n'est pas si simple, il faut convaincre", a reconnu M. Sarkozy dans une allusion à cette affaire. "Je ne dis pas que ceux qu'on cherche à convaincre n'ont que des mauvais arguments, mais ils vivent sur des habitudes." AP

egp/tl