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Les avocats des six Somaliens mis en examen pour leur participation présumée à la prise d’otage du voilier "Le Ponant" et placés vendredi soir en détention provisoire dénoncent les "inquiétantes zones d’ombre" de ce dossier.
"Ces zones d’ombre, véritables silences de procédure de plusieurs jours, concernent à la fois la régularité de la procédure et les faits qui leurs sont reprochés", estiment les avocats des six somaliens dans un communiqué lu par téléphone à l’Associated Press.
La défense s’interroge en premier lieu sur la qualité des personnes qui les ont arrêtés et à quel titre "les forces françaises auraient pu intervenir en territoire étranger". Elle s’interroge également sur "les conditions de droit et de fait" de la rétention de cinq jours sur "un ou plusieurs navires".
"Cette rétention () ressemble de beaucoup à une garde à vue sans droit ni titre. Ce sont autant de questions auxquelles la justice devra répondre", a déclaré Romain Ruth, au nom des six avocats.
Les six Somaliens ont notamment été mis en examen pour "arrestation et séquestration de plusieurs personnes comme otages en vue d'obtenir une rançon commise en bande organisée". L'un d'eux, en outre, est poursuivi pour "détournement de navire".
Le parquet de Paris considère que la procédure est régulière. "L’enquête commence le 14 avril", a déclaré une source judiciaire, jour où les six Somaliens sont arrivés sur le territoire français.
Le parquet fait état de la jurisprudence Klaus Barbie, expulsé de Bolivie en 1983 et de celle du terroriste Carlos, remis par les autorités soudanaises à la France en 1994, pour dire que la mise à disposition de ces six personnes à la justice n’est pas entachée d’irrégularité.
Après leur mise en examen par les juges d'instruction Patrick Gachon et Corinne Goetzmann, ces six Somaliens, âgés de 21 à 46 ans, ont été présentés dans la soirée à un juge des libertés et de la détention qui a donc décidé de leur incarcération provisoire. Le parquet avait pris des réquisitions de mandat de dépôt à leur encontre.
Les six hommes, arrêtés le 11 avril par des militaires français sur le sol somalien, ont été transférés le 15 avril à Paris où ils ont été placés en garde à vue par les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Paris. Ils ont été transférés vendredi matin au dépôt du palais de Justice de Paris. AP
pas/sop
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