Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Les autorités chinoises ont exhorté leurs ressortissants à se montrer "calmes" et "rationnels", alors que les manifestations nationalistes visant les hypermarchés français Carrefour reprenaient dimanche dans le pays, pour la deuxième journée consécutive.
Dans son éditorial de dimanche, le "Quotidien du Peuple", la voix du parti communiste chinois, exhorte la population a "exprimer son enthousiasme patriotique de manière calme et rationnelle, dans l'ordre et la légalité": "plus la situation internationale est compliquée, plus le peuple chinois doit se montrer calme, sage et uni".
Samedi, les manifestations contre Carrefour, devenu le symbole de la position française sur le Tibet, avaient commencé à se multiplier, à Pékin, Wuhan, Kunming, Xi'an et Qingdao, attisées par la colère après le passage perturbé de la flamme olympique à Paris au début du mois.
Dimanche, selon l'agence officielle Chine Nouvelle, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Harbin et à Dalian (nord-est) devant cinq magasins Carrefour, mais également à Jinan (est) et Wuhan (centre).
Ils étaient un millier à Dalian, comme à Harbin, selon Chine nouvelle. A Wuhan, il y avait environ 2.000 manifestants, des étudiants pour la plupart.
Pour la deuxième journée consécutive, il y avait aussi des manifestations dans la ville touristique de Xi'an, où plus d'un millier de personnes ont défilé devant Carrefour, brandissant des pancartes "Non à l'indépendance du Tibet", ou encore "Condamnons CNN".
Car les médias occidentaux sont aussi pris pour cible par les Chinois, critiqués pour leur couverture jugée pro-tibétaine.
Aux Etats-Unis, entre 2.000 et 5000 personnes, sino-américaines pour la plupart, ont manifesté devant le siège californien de CNN à Hollywood, brandissant des pancartes où l'on pouvait lire: "CNN- Chinese Negative News". Ils dénonçaient les propos anti-chinois d'un commentateur de la chaîne et demandaient son limogeage.
Le 9 avril, Jack Cafferty, discutant le déficit commercial américain avec la Chine, avait dénoncé la "camelote" chinoise et qualifié de "bande de voyous et d'idiots" leurs dirigeants. CNN a ensuite présenté des excuses, que Pékin a balayées.
Enfin, au Japon, l'un des principaux temples bouddhistes du pays, le Zenkoji, à Nagano, qui avait refusé d'accueillir le relais de la flamme olympique par solidarité avec les moines tibétains et par crainte de violences, a été vandalisé. Des graffiti, des cercles tracés à la peinture blanche ont été retrouvés dans le hall de ce monument du patrimoine national construit au VIIe siècle, selon la chaîne NHK.
Carrefour a été accusé en Chine de soutenir le Dalaï Lama, ce que dément l'entreprise française.
Chine nouvelle a interrogé dimanche un des organisateurs de la manifestation devant le Carrefour de Xi'an, Wu Sheng, qui a souligné que l'objectif n'était pas d'appeler à un boycott des magasins de la chaîne.
"Nous ne soutenons pas un boycott des compagnies françaises, car l'économie se mondialise. Nous avons choisi l'entrée du Carrefour seulement parce que nous attirons plus l'attention ici", a-t-il expliqué selon l'agence chinoise.
Selon José Luis Duran, président du directoire de Carrefour, la campagne actuelle contre Carrefour n'a pas eu "à ce jour d'impact significatif sur le chiffre d'affaires" des hypermarchés du groupe en Chine. "Mais nous prenons la situation très au sérieux (...) Nous ne pouvons pas prendre à la légère la réaction de certains de nos clients", déclare-t-il dans un entretien publié dans "Le Journal du dimanche".
José Luis Duran dément par ailleurs "avec la plus grande fermeté" les informations de certains médias chinois selon lesquelles Carrefour aurait soutenu le Dalaï Lama. "Carrefour n'a apporté de soutien direct ou indirect à aucune cause politique ou religieuse", affirme-t-il, dénonçant des "allégations sans aucun fondement". AP
nc/mgh/v3632
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|