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actu & culture


PARIS - lundi 21 avril 2008 à 19h47

JO: Sarkozy soigne la sensibilité chinoise



"Je comprends que la sensibilité chinoise ait été blessée": par ces mots, qu'il avait déjà prononcés au lendemain du passage chaotique de la flamme olympique à Paris, le président Sarkozy a soigné lundi cette sensibilité, au moment où un sentiment anti-français semble prendre de la vigueur en Chine. Mais sans pour autant remettre en cause la demande française d'une reprise du dialogue entre Pékin et les Tibétains.

Le président de la République a profité du voyage en Chine de Christian Poncelet, président du Sénat et numéro deux de l'Etat français, pour lui demander de remettre une lettre à l'athlète chinoise Jin Jing, bousculée alors qu'elle portait, sur son fauteuil roulant, la flamme olympique à Paris. "Vous avez fait preuve d'un courage remarquable qui vous fait honneur, et à travers vous, à tout votre pays", salue Nicolas Sarkozy dans ce courrier, rendu public par l'Elysée et qui n'évoque pas la question du Tibet.

Ce message, délivré à une athlète devenu le symbole de l'offense ressentie par certains Chinois, sera suivi d'un autre, délivré lui par Jean-Pierre Raffarin, aux autorités chinoises. L'ancien Premier ministre, qui avait lui aussi prévu un voyage en Chine cette semaine, rencontrera en effet plusieurs responsables, dont le Premier ministre chinois Wen Jiabao.

Plus tard, le conseiller diplomatique du président français Jean-David Levitte rencontrera aussi son homologue chinois et des hauts responsables au cours d'un autre déplacement, également prévu de longue date.

"On a un dialogue continu et qui continue", expliquaient lundi les services de l'Elysée, où on attribue la concordance de ces trois déplacements au seul hasard. Quant aux messages, "leur existence s'est imposée après le passage de la flamme à Paris", minimise l'Elysée.

Reste que Paris insiste plus que les jours passés sur la "sensibilité blessée" des Chinois, qui s'est traduite par plusieurs manifestations anti-françaises en Chine ces derniers jours, en particulier devant les magasins de la chaîne Carrefour.

Ce mouvement s'est largement développé sur le réseau Internet, très contrôlé par les autorités qui ont pu y voir le moyen d'obtenir une inflexion de Paris, remarque Valérie Niquet, directrice du centre Asie de l'IFRI (Institut français de relations internationales). La chercheuse estime toutefois qu'il est vain d'attendre dans les jours qui viennent "des annonces majeures" sur un revirement "sans contrepartie" de la position française, qui est de lier la participation de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques à la reprise du dialogue avec les Tibétains.

Dans ce contexte, le discours apaisé est surtout une façon de ne pas se couper de la Chine, a expliqué lundi le porte-parole de l'UMP Dominique Paillé, pour qui "il convient de passer plutôt par le dialogue que par la confrontation pour faire progresser le dialogue".

"La situation est difficile et il faut un peu calmer le jeu", ajoute Michel Herbillon, président UMP du groupe d'amitié avec la Chine à l'Assemblée nationale. Pour son vice-président communiste André Gérin, "le président de la République et le gouvernement essaient de se raccrocher aux branches après la séance calamiteuse du passage de la flamme à Paris", un "rattrapage" après l'affront infligé aux Chinois. "Il était temps", souligne-t-il.

La France, qui avait demandé à l'Union européenne d'inviter le Dalaï Lama au Conseil européen, n'a d'ailleurs pas souhaité donner suite au refus imposé par la présidence slovène sur ce point. Paris pourrait attendre de prendre la tête de l'Union en juillet pour relancer cette idée. AP

lp/cov/nc