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actu & culture


PARIS - mercredi 23 avril 2008 à 13h55

La France accorde l'asile politique à l'opposant géorgien Irakli Okrouachvili



La France a accordé le statut de réfugié politique à Irakli Okrouachvili, qui fait l'objet d'une demande d'extradition de la part de Tbilissi, a-t-on appris mercredi auprès d'un des avocats de l'opposant géorgien, Me Christine Martineau.

"C'est une très bonne décision, une très bonne nouvelle", a déclaré l'avocate à l'Associated Press.

Arrivé en France le 9 janvier en provenance d'Allemagne, l'opposant géorgien et ancien ministre de la Défense a été arrêté le même jour en vertu du mandat d'arrêt international émis par la Géorgie. Il a été remis en liberté le 30 janvier par la chambre de l'instruction.

Cette dernière doit d'ailleurs se réunir le 4 juin prochain pour examiner la demande d'extradition de Tbilissi.

"Je pense que la chambre de l'instruction devra prendre en compte cette reconnaissance de réfugié politique", a souligné Me Martineau. Elle "est indépendante, mais il est évident que quand quelqu'un est reconnu réfugié, ça veut dire que l'aspect politique a été reconnu" et qu'il y a "des craintes du fait de son engagement politique dans son pays", a-t-elle poursuivi.

Les avocats d'Irakli Okrouachvili avaient déposé fin janvier une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). "On voit désormais mal comment l'extradition pourrait être accordée", note dans un communiqué un autre avocat de l'opposant géorgien, Me Jean-Eric Malabre.

Interrogée sur ce sujet, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Pascale Andreani a souligné au cours de son point de presse électronique que "l'OFPRA prend ses décisions en toute indépendance".

Paris appelle pour sa part "à la poursuite du dialogue entre les autorités et l'opposition géorgiennes dans la perspective des élections législatives" de mai, et continue "d'encourager les autorités géorgiennes à renforcer la liberté et le pluralisme des média ainsi que l'indépendance du pouvoir judiciaire", a-t-elle ajouté.

M. Okrouachvili a été condamné fin mars à 11 ans d'emprisonnement, notamment pour corruption passive, en Géorgie.

Avant de passer dans l'opposition au président Mikhaïl Saakachvili, il a détenu entre 2004 et 2006 les portefeuilles de l'Intérieur et de la Défense. Auparavant, il a été procureur général de Géorgie. Les faits qui lui sont reprochés concernent la période où il était ministre de la Défense, de décembre 2004 à novembre 2006. Il a rejoint l'opposition à partir de cette période.

Il avait été arrêté en octobre 2007 en Géorgie, quelques jours après avoir présenté son parti d'opposition et mis en cause le président Saakachvili. Son arrestation avait provoqué des manifestations dans le pays. Remis en liberté après s'être officiellement rétracté de ses accusations, il a gagné l'Allemagne début novembre 2007. Le 13 novembre, la justice géorgienne délivrait un mandat d'arrêt international à son encontre. Interpellé en Allemagne, M. Okrouachvili a ensuite été libéré avant de gagner la France. AP

ir/div/nc




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