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L'enquête de l'état-major des armées françaises sur des allégations de mauvais traitements infligés à un prisonnier congolais en juillet 2003 dans un camp des forces de l'Union européenne en République Démocratique du Congo a montré que ce prisonnier "n'a subi ni torture, ni sévices", a annoncé vendredi l'état-major.
Le général d'armée Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, avait ordonné le 31 mars dernier l'ouverture d'une enquête après des accusations de mauvais traitements dont aurait été victime le 13 juillet 2003 un jeune Congolais détenu pendant quelques heures dans le camp de Chem-Chem, près de Bunia, en RDC. Des soldats français et suédois étaient présents dans ce camp dans le cadre de l'opération Artémis.
A l'été 2007, l'état-major des armées suédoises avait informé son homologue français de ces allégations. Début avril, un documentaire diffusé à la télévision suédoise avait affirmé que le colonel Christophe Rastouil, commandant des forces spéciales françaises, s'était livré à un simulacre d'exécution sur la personne d'un prisonnier congolais lors d'un interrogatoire. Le film accusait également des militaires français d'avoir mis une corde autour du cou du prisonnier et de l'avoir poussé en avant.
Selon le rapport d'enquête conduite par l'Inspection des forces en opération et de la défense du territoire (IFODT), ces "graves accusations portées à l'encontre des forces françaises et suédoises, et plus particulièrement à l'encontre du colonel français Christophe Rastouil et du colonel suédois Hans Halm, sont infondées", affirme l'état-major français dans un communiqué commun au ministère suédois de la Défense diffusé vendredi.
"L'enquête démontre qu'aucun sévice, constitutif des mauvais traitements décrits par l'article 3 de la convention européenne des droits de l'Homme, n'a été infligé au jeune homme" détenu dans le camp, précise l'état-major.
Selon le communiqué, le jeune Congolais en question, "qui avait pénétré le camp en franchissant la première barrière de barbelés, a été retenu sur le camp" pendant quelques heures lors desquelles "il a été ponctuellement cagoulé pendant ses déplacements dans le camp pour ne pas lui permettre d'en faire une reconnaissance précise permettant de renseigner les milices sévissant dans la région".
Le prisonnier "a eu les mains liées mais à aucun moment il n'a été maltraité. Après avoir été interrogé, le jeune homme, n'ayant apparemment pas d'intention malveillante à l'égard des forces européennes, a été relâché à quelques kilomètres du camp", indique l'état-major, qui souligne que "la mise en commun de l'ensemble des témoignages français et suédois a abouti à une analyse cohérente du déroulement des faits, dont l'interprétation initiale a été troublée par des conflits de personnes et une perception erronée de la situation".
Dans une lettre adressée à la chaîne de télévision suédoise SVT qui avait diffusé le documentaire, le colonel Rastouil avait démenti ces accusations, qualifiant notamment de "diffamatoire" et de "mensonge" l'allégation de simulacre d'exécution. AP
jp/com/sb
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