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actu & culture


PARIS - samedi 26 avril 2008 à 14h00

Nicolas et Carla Sarkozy attendus lundi à Tunis



Nicolas et Carla Sarkozy entament lundi une visite d'Etat de trois jours en Tunisie destinée à maintenir au plus haut niveau les relations franco-tunisiennes et à faire progresser le projet d'Union pour la Méditerranée.

Plusieurs accords doivent être signés dès le premier jour de la visite, dont un contrat Airbus et un accord-cadre sur le nucléaire civil.

Avec ce déplacement, son deuxième à Tunis depuis son élection il y a un an, Nicolas Sarkozy, attendu lundi en milieu d'après-midi, boucle sa série de visites d'Etat dans les pays du Maghreb. Des trois pays maghrébins, c'est avec la Tunisie de Zine El Abidine Ben Ali que la France entretient la relation la plus dense et la plus apaisée, dit-on à l'Elysée.

La France est de loin le premier partenaire économique de la Tunisie. Les relations commerciales, qui ont atteint 7 milliards d'euros en 2007, dépassent les échanges avec le Maroc (6,2 milliards d'euros) et talonnent l'Algérie (7,4 milliards d'euros), alors que la population tunisienne (10 millions d'habitants) est trois fois inférieure à celles de ses voisins.

Preuve de l'importance des relations d'affaires entre les deux pays, M. Sarkozy sera accompagné d'une délégation de 120 chefs d'entreprise conduits par la présidente du MEDEF Laurence Parisot. Sept ministres et de nombreuses personnalités politiques suivront le président français et sa nouvelle épouse Carla, qui fera sa troisième sortie à l'étranger après l'Afrique du Sud et le Royaume-Uni.

Les accords devant être signés lundi soir entre le premier entretien entre les présidents Sarkozy et Ben Ali et le dîner d'Etat, conforteront les positions françaises. Un contrat de vente d'Airbus à la compagnie Tunis Air devrait être signé, ainsi que la fourniture d'une centrale thermique par Alstom, selon l'Elysée.

Les deux pays signeront aussi un accord-cadre sur le nucléaire civil calqué sur ceux conclus par M. Sarkozy avec la Libye, le Maroc et l'Algérie. Cet accord portant sur la formation d'ingénieurs peut déboucher à long terme sur la construction d'une centrale nucléaire.

Un accord de gestion concertée des migrations, le premier de ce type avec un pays du Maghreb, doit aussi être paraphé.

Au niveau politique, les entretiens seront dominés par le projet d'Union pour la méditerranée (UPM), qui doit être porté sur les fonts baptismaux lors d'un sommet à Paris le 13 juillet. Nicolas Sarkozy y consacrera mercredi à Carthage le dernier discours de sa visite.

Si le président français, à l'origine du projet, sera le premier président de l'UPM, la ville qui accueillera le secrétariat et les deux postes de directeurs (un du Nord et un du Sud) font l'objet d'intenses tractations entre les 39 pays parties prenantes (les 27 membres de l'UE et les 12 pays de la rive sud de la Méditerranée). La France souhaite que ce secrétariat soit implanté dans un pays du Sud, mais laisse ses partenaires se mettre d'accord, afin de ne pas froisser les susceptibilités.

Seule ombre dans les relations bilatérales, la question des droits de l'Homme en Tunisie sera abordée par M. Sarkozy à la fois dans un discours public et dans un tête-à-tête avec le président Ben Ali, précise-t-on à l'Elysée.

Le président français pourrait évoquer le refus de Tunis de recevoir une délégation de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), jugée indésirable le 16 avril dernier. Un "mot" qui ne fera pas taire les critiques à Paris sur la relégation au second plan des droits de l'Homme, alors que M. Sarkozy avait promis d'en faire la priorité de sa diplomatie.

La secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade sera du voyage. Elle remplacera son ministre de tutelle Bernard Kouchner, qui entamera lundi un déplacement en Amérique du Sud, notamment consacré aux otages des FARC. AP

egp/mw