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actu & culture


LONDRES - mercredi 30 avril 2008 à 16h41

Elections municipales test pour Gordon Brown


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Les élections locales organisées jeudi en Grande-Bretagne, notamment la bataille pour la mairie de Londres, constituent le premier test électoral majeur pour le Premier ministre Gordon Brown alors que les prochaines élections législatives n'auront pas lieu avant 2009 ou 2010.

A Londres, trois personnalités aux profils bien différents s'affrontent: le maire sortant le travailliste Ken Livingston, surnommé "Ken le rouge" pour ses opinions de gauche, n'a pas partie gagnée face au candidat conservateur Boris Johnson, ex-journaliste à la chevelure blonde connu pour son excentricité et ses gaffes. Le libéral-démocrate, Brian Paddick, un ancien chef de la police ouvertement homosexuel, fait de son côté clairement figure d'outsider.

A la tête de Londres depuis 2000, Livingston, qui a notamment instauré un péage dans la capitale britannique, brigue un troisième mandat. Sa défaite face à Johnson serait un coup dur pour les travaillistes.

Les élections municipales se déroulent sur fond de dégradation économique, de chute des prix de l'immobilier et de licenciements à la City, le quartier financier de Londres. Pour Brown, il s'agit également d'un test de popularité face au jeune dirigeant charismatique des conservateurs David Cameron.

En cas de mauvais résultats pour le Labour, le Premier ministre pourraient voir ses détracteurs dans son propre camp s'enhardir et mettre en doute sa capacité à gagner les prochaines élections générales. L'ancien chancelier de l'échiquier (ministre des Finances) de Tony Blair a remplacé ce dernier l'an dernier en promettant de redorer le blason du parti travailliste, terni par une guerre en Irak impopulaire.

Mais ses hésitations, son attitude austère ainsi que la détérioration récente de la conjoncture économique ont contribué à la baisse de la cote de popularité du Labour, au plus bas depuis 20 ans. Alors qu'une faible participation est attendue jeudi, une déroute électorale est peu probable pour les travaillistes, qui pourraient quand même perdre plus de 100 sièges, notamment dans le nord de l'Angleterre, traditionnellement un bastion du Labour.

"C'est du 50-50 pour le moment", souligne l'expert en sondages Mike Smithson à propos du risque que le Labour "soit repoussé à la troisième place", derrière les Tories et les libéraux-démocrates.

Brown a dû faire des promesses pour les bas salaires affectés par sa décision de supprimer la tranche d'imposition de 10%, la plus basse, une mesure qui a suscité un vif mécontentement au sein de l'électorat travailliste populaire.

"Les travaillistes oublient qui ils sont", déplore Mary Kieran, 70 ans, une infirmière à la retraite. "Supprimer le taux d'imposition de 10% a frappé des personnes qui ne méritaient pas de l'être, ceux qui ont vraiment besoin d'argent, alors que, globalement, le coût de la vie augmente." Beaucoup reprochent aussi à Brown de ne pas avoir anticipé la crise mondiale du crédit, qui a conduit à la nationalisation embarrassante de la banque Northern Rock, en grande difficulté. AP

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