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Le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner a demandé mercredi au président vénézuélien Hugo Chavez de se réinvestir dans les efforts pour libérer la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ainsi que les autres otages détenus par les FARC en Colombie.
M. Kouchner a indiqué à l'issue de sa rencontre avec M. Chavez à Caracas que leur réunion s'était "très bien" passée et a répété qu'il souhaitait voir le dirigeant vénézuélien reprendre du service dans ce dossier.
"Avec le président Chavez nous avons parlé du sort des otages, et de l'orage française Ingrid Betancourt, mais également du sort de tous les otages, et en particulier des otages civils", a-t-il expliqué lors d'une courte déclaration à la presse.
Le président colombien Alvaro Uribe, avec qui M. Kouchner s'est également entretenu cette semaine, voit d'un mauvais oeil le retour au centre du dossier de son homologue vénézuélien, qu'il avait écarté des négociations l'année dernière.
L'implication de M. Chavez a pourtant conduit à la libération, en début d'année, de six otages détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui détiennent Ingrid Betancourt depuis six ans.
"Nous n'avons pas caché au président Uribe que le président Chavez a joué un rôle important et peut encore jouer un rôle important", avait souligné Bernard Kouchner lors d'une conférence de presse à Bogota mardi.
Alvaro Uribe a pour sa part déclaré mercredi qu'il écartait toute nouvelle médiation, y compris celle d'Hugo Chavez, par peur "de créer de nouvelles menaces pour les relations internationales".
Interviewé par des journalistes à Tolima dans le nord-ouest colombien, le chef d'Etat a indiqué avoir évoqué "très clairement" avec Bernard Kouchner "toutes les options dont nous disposons" pour négocier avec les rebelles l'échange d'une quarantaine d'otages contre des centaines de guérilleros détenus en Colombie, mais il a aussi rappelé à M. Kouchner que l'inquiétude lui "interdit d'ouvrir de nouvelles options (de médiation NDLR), parce que nous ne voulons pas créer de nouvelles menaces pour les relations internationales".
Le chef de la diplomatie française, qui achevait mercredi au Venezuela une visite de trois jours dans la région, a dit espérer que son voyage a été "utile".
"J'espère, je crois, je veux croire, que ces trois jours ont été utiles et seront utiles pour qu'un dénouement intervienne dans cette triste et douloureuse affaire", a déclaré M. Kouchner, qui n'a pas fourni plus de détails sur les éventuelles initiatives lancées dans le dossier des otages.
Mercredi, M. Kouchner a également évoqué la crise entre la Colombie d'un côté et l'Equateur et le Venezuela de l'autre, après le raid colombien en territoire équatorien le 1er mars qui avait tué le N°2 des FARC Raul Reyes. Quito et Caracas avaient dépêché des troupes vers leur frontière avec la Colombie, avant que les trois pays décident de faire redescendre la température lors d'un sommet régional.
Cependant, des tensions demeurent, et M. Kouchner a assuré mercredi que "tout ce que la France pourra faire pour que cette tension s'apaise, nous le ferons", afin que les trois pays puissent "recommencer des relations normales et fraternelles". AP
mgh/v/latam/pf
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