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actu & culture


NEW YORK - jeudi 01 mai 2008 à 05h30

La présidente du Liberia invite les dirigeants africains à "faire quelque chose pour le Zimbabwe"



La présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf a demandé mercredi aux dirigeants africains de s'assurer que les résultats de l'élection présidentielle du Zimbabwe reflètent bien la volonté des électeurs, tandis que l'ONG Human Rights Watch dénonçait la répression menée par le gouvernement de Robert Mugabe contre l'opposition.

"Notre message, c'est qu'il faut faire attention au Zimbabwe. Faites en sorte qu'il ne s'y reproduise pas ce qui s'est passé au Liberia", a-t-elle déclaré, en référence aux guerres civiles du Liberia qui ont fait 200.000 morts entre 1989 et 2003. Ces conflits furent "une tragédie enracinée dans la négation de la volonté du peuple et du choix du peuple", a-t-elle expliqué.

"C'est pourquoi aujourd'hui (...) nous envoyons ce message fort à tous les dirigeants africains, qu'ils se souviennent de l'exemple du Liberia, pour savoir que lorsque la volonté du peuple est supprimée, on crée les tensions sous-jacentes et les courants qui peuvent finalement défaire toute une société", a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs mis en garde contre une possible contagion dans la région du Zimbabwe, comme ce fut le cas du Liberia.

"Je suis donc l'un de ces dirigeants africains qui dit aux autres dirigeants et à (ses) collègues: il est temps de faire quelque chose à propos du Zimbabwe", a-t-elle conclu.

Chaudement applaudie, Ellen Johnson Sirleaf s'exprimait lors d'une cérémonie où lui a été remis un prix pour son action dans les domaines de la démocratie, du développement et de la construction de la paix en tant que dirigeante africaine, décerné par l'International Crisis Group, une organisation indépendante qui analyse les moyens de prévention et de résolution des conflits.

Dans un communiqué diffusé mercredi, l'ONG américaine Human Rights Watch a dénoncé à son tour, à l'instar d'autres ONG et de l'opposition politique zimbabwéenne, la répression exercée par les forces de sécurité gouvernementales à l'encontre des dissidents.

Selon un membre de l'organisation de retour d'une semaine au Zimbabwe, les pires exactions ont lieu dans les fiefs traditionnels du président sortant Robert Mugabe, où de nombreux électeurs se sont tournés ces dernières années vers le parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique.

La violence "est une forme de punition pour les gens qui se sont tournés contre le parti au pouvoir", a expliqué Tiseke Kasambala à Johannesbourg mercredi. "Le gouvernement se concentre sur ses fiefs traditionnels et sur certaines régions qu'il aurait dû, à son avis, remporter".

L'ONG a par ailleurs été informée ces quatre derniers jours de la détention de plus de 100 chefs de bureaux de vote dans l'est du pays. AP

pf/v1002