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actu & culture


NEW YORK - jeudi 01 mai 2008 à 04h35

Immunité pour l'ancien haut commissaire de l'ONU aux réfugiés accusé de harcèlement sexuel



Un juge fédéral a débouté une employée des Nations unies dont la plainte pour harassement sexuel avait conduit à la démission du Haut commissaire de l'ONU pour les réfugiés Ruud Lubbers, arguant que l'immunité de l'agence supplantait l'importance de sa plainte.

Le juge Robert W. Sweet a classé l'affaire mardi au motif que les tribunaux ont "constamment affirmé que les problèmes de relations au sein du personnel d'une organisation internationale se voyaient opposer l'immunité".

Le fait que le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon ait affirmé que la défense disposait de l'immunité dans cette affaire ne laisse place à aucun doute, a ajouté le juge.

Cynthia Brzak, une Américaine de 55 ans, a porté plainte contre l'ancien Premier ministre des Pays-Bas Ruud Lubbers, l'accusant de l'avoir touchée de façon déplacée en décembre 2003, à l'issue d'un rendez-vous professionnel dans son bureau de Genève.

Ruud Lubbers était à l'époque Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Il dirigeait à ce titre l'une des plus grandes agences onusiennes, disposant de 5.000 employés pour un budget d'un milliard de dollars.

Il a démissionné en février 2005, à la suite du scandale causé par l'affaire. Cynthia Brzak continue pour sa part de travailler à l'ONU à Genève, où elle dit souffrir d'actes de représailles depuis sa plainte.

Ruud Lubbers a toujours nié avoir entouré de son bras la taille de Mme Brzak et l'avoir attirée contre lui. Une enquête interne menée en 2004 avait montré que l'ancien dirigeant néerlandais avait eu des contacts physiques non désirés avec Mme Brzak, sa subordonnée, ainsi qu'avec d'autres femmes. Mais Kofi Annan, alors secrétaire général de l'ONU, avait rejeté les recommandations du rapport, affirmant qu'elles n'étaient pas fondées.

L'avocat de la plaignante, Edward Flaherty, a déclaré par téléphone à l'Associated Press être déçu que la cour respecte toujours l'immunité. Il a assuré qu'il ferait appel.

"C'est Alice au pays des merveilles. L'ONU est la seule organisation qui fonctionne de cette façon", a-t-il déploré. "Elle a été harcelée, ostracisée, privée de tâches professionnelles intéressantes. Si les gens faisaient ça aux Etats-Unis, ils lui verseraient des millions". AP

pf/v0066