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actu & culture


AIX-LA-CHAPELLE, Allemagne - jeudi 01 mai 2008 à 14h42

Angela Merkel applaudie par Nicolas Sarkozy en "Européen fervent"


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Nicolas Sarkozy a profité jeudi de la remise à Angela Merkel du prix européen Charlemagne à Aix-la-Chapelle (Allemagne) pour rendre un nouvel hommage appuyé à la chancelière allemande, malgré les vives tensions qui ont parfois opposé Paris et Berlin, non sans saisir l'occasion d'afficher ses propres ambitions pour l'Europe.

Le président français, qui a pourtant longtemps revendiqué comme un succès personnel l'adoption du "mini-traité" européen, après le rejet franco-néerlandais de la Constitution, a attribué, bon joueur, cette avancée à "l'autorité, la détermination, la volonté, l'engagement européen" de la chancelière.

"Il a fallu sortir l'Europe de l'ornière et nous l'avons fait parce que notre présidente était Angela Merkel", a-t-il souligné devant plusieurs dirigeants européens, dont le roi d'Espagne Juan Carlos, les Premiers ministres luxembourgeois Jean-Claude Juncker, belge Yves Leterme et néerlandais Jan Peter Balkenende, le président de la BCE Jean-Claude Trichet ou encore le haut représentant européen pour la politique étrangère Javier Solana, qui avait reçu le prix l'an dernier.

C'est en effet l'action de Mme Merkel lors de cette crise qui a lui valu de recevoir jeudi le prestigieux prix Charlemagne, qui récompense les personnalités les plus engagées dans l'unification européenne. Elle rejoint François Mitterrand et Helmut Kohl, Jacques Delors, Vaclav Havel, Jean Monnet ou encore Bill Clinton ou encore Winston Churchill sur la liste des récipiendaires de ce prix, créé en 1950.

"Pour moi c'est un honneur" de prononcer cet hommage, a affirmé le président français depuis la salle des couronnements de l'hôtel de ville d'Aix-la-Chapelle. Il a profité de l'occasion pour minimiser les dissensions qu'il a eues avec la dirigeante et qui ont été, selon lui, exagérés par la presse "qui parle beaucoup de notre couple". "J'aime Angela Merkel beaucoup plus que ce qu'ils disent", a-t-il assuré dans un sourire. "Angela et moi, on fait un couple harmonieux."

S'adressant sur le ton de la plaisanterie au mari de la chancelière, il a même suggéré l'avoir rencontrée plus souvent que ce dernier: "en douze mois, Angela et moi nous nous sommes vus douze fois et, compte tenu de son emploi du temps, je suis prêt, M. Merkel, à comparer nos agendas!"

Revenant sur le couple franco-allemand, il a insisté sur "la responsabilité qui pèse sur tous les dirigeants politiques" des deux pays. "Quand on se dispute, on ne peut pas se disputer comme les autres", a-t-il observé. "Quand on se dispute, c'est pour trouver des solutions parce qu'on n'a pas le droit de laisser des malentendus ou des contradictions d'intérêt creuser des fossés entre l'Allemagne et la France". Nicolas Sarkozy a en revanche omis d'insister sur le rôle moteur de la relation entre les deux pays pour faire avancer l'Europe, comme le prévoyait son discours écrit.

"Je te remercie, cher Nicolas de tout coeur pour tes si gentilles paroles qui m'ont fait très plaisir", a réagi la chancelière, qui a prononcé les premiers mots de son discours en français.

A exactement deux mois du début de la présidence française de l'Union, il a préféré afficher ses ambitions devant les dirigeants européens. "Le traité simplifié n'a pas résolu la crise entre l'Europe et les Européens", a-t-il d'abord remarqué, avançant son intention de contribuer à surmonter ce manque de confiance.

"Notre travail commence pour montrer ce que l'Europe peut nous apporter", a-t-il dit. "L'Europe nous a apporté la paix, le progrès économique, mais maintenant il faut aller plus loin, sur l'immigration, sur la défense commune", a lancé Nicolas Sarkozy, venu répéter "la ferveur de (son) engagement européen". "La France ne travaillera pas pour elle, elle travaillera pour l'Europe", a-t-il promis.

S'exprimant ensuite, la chancelière n'a pas manqué de remercier le président français pour son rôle dans la promotion du traité européen de Lisbonne et lui a promis de l'appuyer en retour lors des six mois de la présidence française. AP

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