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Le canton de Zurich veut prendre des mesures pour réglementer l'aide au suicide. Le Conseil d'Etat se défend de vouloir faire cavalier seul, mais se déclare préoccupé par les tentatives avortées à l'échelon fédéral. La solution zurichoise se ferait sur une base volontaire et les candidats étrangers s'en trouveraient pratiquement exclus.
Il n'est pas pertinent d'attaquer la problématique de l'activité des organisations d'aide au suicide uniquement à l'échelon cantonal, reconnaît le gouvernement zurichois dans une réponse au législatif publiée vendredi. Au contraire, une législation nationale s'impose, comme le demande la Commission nationale d'éthique. Le gouvernement reconnaît toutefois qu'il est préoccupé par le fait que nombreuses interventions parlementaires à Berne n'ont conduit à l'élaboration d'aucun projet législatif.
C'est la raison pour laquelle le canton veut agir de sa propre initiative et entend examiner les mesures possibles. L'élaboration de lignes directrices pour l'aide au suicide organisée est en cours en collaboration avec les autorités de poursuite pénale: y figureront les conditions fixées par la Commission nationale d'éthique. Ce projet vise à ce que les organisations d'aide au suicide et les individus s'y soumettent sur une base volontaire. Les discussions avec les responsables de ces organisations n'ont cependant pas encore été couronnées de succès.
Le gouvernement zurichois constate également que les conditions définies par la Commission nationale d'éthique sont difficilement garanties pour les personnes venues de l'étranger pour mettre fin à leurs jours. La clarification de la maladie, de la capacité de jugement, ainsi que de l'autonomie et de la constance de la volonté de se donner la mort n'est souvent menée que de manière rudimentaire parce que ces personnes ne viennent généralement en Suisse que le jour de leur "suicide assisté".
La polémique a été alimentée ces derniers mois en Suisse et à l'étranger par les méthodes de Dignitas, l'organisation fondée par l'avocat Ludwig Minelli. A cause de ses difficultés pour trouver un lieu adéquat, elle a même choisi un parking pour pratiquer le suicide assisté. Aujourd'hui, elle entend utiliser un coussin rempli d'hélium pour étouffer le candidat à la mort. Avec cette méthode, elle n'a pas besoin de médecin et d'ordonnance médicale, comme pour le cocktail létal utilisé jusque-là. Ludwig Minelli a qualifié la méthode du coussin de sûre et rapide. AP
ll/S
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