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Le gouvernement tibétain en exil restait prudent à la veille de discussions qui doivent avoir lieu dimanche entre deux émissaires du dalaï lama et des responsables chinois, pour la première fois depuis les émeutes au Tibet sévèrement réprimées par Pékin au mois de mars.
Les pourparlers doivent commencer dimanche dans la ville de Shenzhen, dans le sud de la Chine, près de Hong Kong, et dureront un ou deux jours, a annoncé samedi le "Premier ministre" tibétain Samdhong Rinpoche, dont le gouvernement est basé à Dharamsala, en Inde.
"Nous sommes certains que quelque chose de bon en sortira", a-t-il assuré à l'Associated Press, tout en avertissant: "Nos espoirs sont élevés, mais ce n'est qu'un petit pas dans un long processus".
L'agence de presse Chine Nouvelle a confirmé que deux hauts responsables du Parti communiste s'entretiendraient avec les émissaires tibétains. Chine Nouvelle n'a pas précisé où la rencontre aura lieu, parlant de "contacts et de consultations".
Les deux émissaires tibétains sont arrivés vendredi à Hong Kong pour ce que le gouvernement en exil qualifie de "discussions informelles avec des représentants de la direction chinoise".
Lors d'un rassemblement public à Dharamsala samedi, Samdhong Rinpoche a précisé qu'il s'agira d'engager un dialogue pour pacifier les régions tibétaines, et que les deux hommes tenteront d'expliquer que le dalaï lama n'a pas, contrairement à ce que Pékin continue d'affirmer, fomenté les troubles au mois de mars. Les violences ont fait 22 morts selon Pékin, alors que le gouvernement tibétain parle de plus de 140 victimes.
Accusé d'avoir maté le soulèvement par la force, le régime chinois a fini par réagir aux appels de la communauté internationale à la négociation avec le dalaï lama. Selon certains, il s'agit pour le gouvernement de faire retomber la pression à moins de 100 jours des Jeux olympiques de Pékin. Le parcours international de la flamme olympique ces dernières semaines s'est transformé par moments en réelle épreuve de force pour les organisateurs en raison des manifestations en faveur des Tibétains et contre les violations de droits de l'Homme en Chine.
Pourtant, les médias officiels chinois ont repris leurs attaques contre le dalaï lama à la veille des premiers contacts entre les deux parties depuis les incidents du mois de mars. Deux articles publiés samedi continuaient d'accuser le dalaï lama et "sa clique", selon la terminologie officielle, d'organiser des émeutes pour obtenir l'indépendance de la région.
Le dalaï lama, qui a gagné l'Inde après un soulèvement manqué en 1959, souligne de son côté qu'il ne souhaite que l'autonomie du Tibet, dont la culture et l'identité sont menacées selon lui par un "génocide culturel".
Ses deux émissaires, Lodi Gyari et Kelsang Gyaltsen, doivent être reçus dimanche par deux hauts responsables du Département de travail du Front uni, Zhu Weiqun et Sita, selon Chine Nouvelle. Le rôle de cet organe est de promouvoir l'idéologie officielle auprès de groupes qui ne dépendent pas du Parti communiste chinois (PCC). Sita est un des responsables tibétains les plus haut placés au sein du PCC.
Ce département avait organisé de précédentes rencontres entre les deux parties. Six séries de pourparlers entre Pékin et les représentants du dalaï lama ont fini par échouer en 2006. AP
mgh/v200/cr
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