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actu & culture


AMSTETTEN, Autriche - dimanche 04 mai 2008 à 14h57

Autriche: Josef Fritzl était "un tyran", selon sa belle-soeur



Josef Fritzl, cet Autrichien qui a reconnu avoir sequestré et violé sa fille pendant 24 ans, était "un "tyran" faisant régner la peur sous son toit, mais aussi un dissimulateur capable de tromper chacun, selon le témoignage de sa belle-soeur recueilli par l'Associated Press.

Christine R., qui n'a pas souhaité divulguer son nom, a confirmé dans cet entretien des informations de la presse autrichienne selon lesquelles son beau-frère avait passé environ un an et demi en prison après avoir été condamné pour viol en 1967. Pour autant, d'après elle, sa soeur Rosemarie n'a jamais soupçonné que son époux était impliqué dans la disparition de leur fille Elisabeth en 1984. "Elle ne l'a jamais cru capable de ça". De fait, selon les enquêteurs, rien ne démontre la complicité de Rosemarie.

Fritzl, 73 ans, a avoué avoir retenu sa fille prisonnière au sous-sol de son immeuble d'Amstetten (est de l'Autriche) pendant 24 ans. Elisabeth, aujourd'hui âgée de 42 ans, a donné naissance pendant ces années à sept enfants, issus des viols répétés. L'un de ces enfants est mort.

Elisabeth, explique Christine R., avait fugué de chez elle à 17 ans, six mois environ avant d'être enfermée par son père. Il se comportait en "tyran" faisant régner la peur chez lui. Ce qui lui a permis, ajoute-t-elle, de faire croire, sans craindre d'être contredit que sa fille était entrée dans une secte et avait abandonné au fil des années trois enfants, en réalité nés des rapports incestueux forcés. "Chaque personne qu'il regardait dans les yeux, il la dupait", ajoute Christine R.

"Quand il disait que c'était noir, c'était noir, même quand c'était dix fois blanc", ajoute sa belle-soeur, interrogée samedi soir chez elle, en Autriche.

"Il ne tolérait aucune contradiction. Vous voyez, si même moi j'avais peur de lui dans une réunion de famille et que je n'osais rien dire qui puisse le fâcher de quelque façon que ce soit, vous pouvez imaginer ce que ça a dû être pour une femme qui a passé tellement d'années avec lui", a-t-elle poursuivi.

Et si Rosemarie, 68 ans, avait contredit son mari? "Nous ne savons pas ce qu'il lui aurait fait. Il l'aurait peut-être giflée. En tout cas, c'était un tyran. Lui avait raison et les autres n'avaient qu'à se taire".

Christine décrit sa soeur comme une femme qui a lutté contre vents et marées pour garder unie une famille perturbée, sans jamais soupçonner que la cause de ces troubles se trouvait sous son propre toit.

"Nous en parlions souvent quand nous nous voyions. Je lui disais: 'Rosemarie, où peut bien être Elisabeth?' Je lui ai même dit moi-même qu'elle devait se trouver dans une secte où on ne peut avoir qu'un certain nombre d'enfants, ou qui ne veut pas d'enfants malades".

Christine R. évoque aussi le "choc" ressenti par sa soeur devant la condamnation pour viol, en 1967, de Josef Fritzl. Mais, ajoute-t-elle, Rosemarie considérait que "chacun fait des erreurs" et elle s'est concentrée sur le bien-être de sa famille.

Avec Elisabeth, Fritzl "était aussi strict qu'avec les autres enfants. Il n'y avait rien en particulier qui aurait pu vous amener à penser qu'il était plus intime avec elle". Et la jeune femme, de son côté, "ne se confiait jamais à personne".

Cette incroyable affaire a été mise au jour à l'occasion de l'hospitalisation de la fille d'Elisabeth, Kerstin, 19 ans, qui souffrait d'une infection non identifiée. Les médecins ont publiquement appelé la mère à se présenter. Fritzl a alors accompagné Elisabeth à l'hôpital le 26 avril, ce qui a permis à la femme de raconter son histoire.

Aujourd'hui, "ma soeur va apparemment très mal et Elisabeth n'est pas non plus au mieux de sa forme", dit Christine R. "Je connais ma soeur et quand quelque chose va mal pour ses enfants, le monde s'effondre. C'est certain, pour elle le monde s'est effondré". AP

st-ll/v0127/cr




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